Courrier des lecteurs : La Foire aux rêves











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Depuis presque un an maintenant, ma production d’œufs rejoint parfaitement la courbe de la demande. C’est même un chouïa trop juste mais quel plaisir de constater l’absence totale de stock. Dans cette spéculation, cela signifie tout simplement que j’ai pu livrer un produit de toute fraîcheur tout du long. Applaus ! Malgré cette immense satisfaction, je savais que le moment critique allait finir par arriver : la réforme. Oui, les poules doivent être régulièrement changées. Pour adoucir la tension de ces périodes et maintenir au mieux un équilibre, j’ai acquis progressivement trois poulaillers. Le calcul est simple : lorsqu’un bâtiment est à l’arrêt, la production diminue que d’un tiers, ce qui me semblait assez raisonnable.

Je ne sais trop si ce qu’on lit à gauche et à droite se vérifie dans les faits, mais il se dit que l’agriculture biologique a perdu des pratiquants au cours des dernières années… Il semble bien loin le temps où les ex-ministres régionaux Di Antonio et Collin prônaient une « biologisation » à marche forcée de l’agriculture wallonne. Il est encore plus loin le temps où les exploitations agricoles fonctionnaient de manière immuable ! Les fermiers se cherchent de nouveaux créneaux, tâtonnent à gauche et à droite, surtout à droite… Peut-on parler de crise existentielle ?

Il y a quelques semaines, un ami agriculteur m’a sacrément aidée. Le genre de service où il s’est levé à 4 heures du matin et est reparti quatre heures plus tard sur son exploitation, commencer sa journée alors qu’il en avait déjà une demie dans les jambes par ma faute. Je lui ai demandé combien je lui devais, sur ce il m’a répondu que quelques boules de foin feraient bien l’affaire. Je trouvais que ce n’était pas assez, alors je lui en ai proposé le double mais hélas, c’est déjà trop généreux. Lui aussi a déjà assez de foin. Mais alors qu’est-ce qui, sur nos terres, vaut encore son pesant d’or ?

Mai, joli mois de mai ! Mois des fleurs et du printemps, d’une certaine liberté retrouvée à la ferme avec la sortie du bétail en prairie ! Et mois du… Concours Eurovision de la chanson. Je souris de nostalgie en vous écrivant ces mots, car je me rappelle la passion que Maman éprouvait pour cette émission quand nous étions petits, elle qui n’était pas fanatique de télévision mais n’aurait raté cet événement sous aucun prétexte ! Couturière et pas du tout fermière, elle s’intéressait surtout aux tenues des chanteuses, « po vèye kommîn ell’ z’ astîns ko agadlè » (pour voir comment elles étaient encore accoutrées). Après la victoire de France Gall en 1965, elle avait dessiné et cousu pour sa jeune sœur une robe semblable à celle de l’interprète de « Poupée de cire, poupée de son ». Souvenirs, souvenirs…

L’odeur d’égout est reconnaissable entre toutes : subtil mélange d’arômes d’eaux usées aux vagues relents de lessive, madeleine de Proust sans le « s » qui ne suscite guère l’envie de respirer et fait froncer le nez… On subit ses assauts quand il faut déboucher la fosse septique ou explorer le siphon d’un WC. On détecte ses miasmes en senteur de fond quand on déambule dans une grande ville ou aux abords de certaines rivières au sortir des villages. Mais au beau milieu de la campagne ? Impossible me direz-vous !







Si vos parents ne sont pas agriculteurs, vous avez au moins tous déjà passé un été à la ferme de vos grands-parents. Les animaux, les prairies à perte de vue, les boules de foin et de paille, les aventures, les coups de soleil et enfin au soir, le souper avec des produits du terroir sur la table. Le bonheur !

Cette expression revient souvent dans la bouche des paysans retraités et des aînés. Marrant ! Ils veulent tous « profiter de la vie » durant les dernières années qu’il leur reste à passer sur Terre. Disons qu’il est un peu tard pour y songer… La plupart d’entre eux prétendent qu’ils n’ont pas assez « profité », et qu’ils doivent se rattraper.


Avez-vous un violon d’Ingres, une activité secondaire qui vous apporte du pur plaisir et vous détend ? J’ai l’écriture et le jardinage : mon ordinateur et mon potager. Quelle chance j’ai !

Deux tracteurs agricoles sont accoudés au bar. L’un demande à l’autre : « Tu bois quoi ? » ; l’autre répond : « Un mazout ! ». Ils appellent le barman : « Deux mazout, aubergiste ! ». Celui-ci s’étonne : « Encore ? Vous ne buvez rien d’autre ? Vous devriez essayer de l’éthanol, du méthane liquide, ou de l’huile de colza ! Le mazout est hors de prix, ces jours-ci, et il n’est pas près de baisser… Qu’importe le breuvage, pourvu qu’on ait l’ivresse ! ». Les tracteurs rétorquent : « Zut ! Va falloir changer les injecteurs, ou carrément le moteur ! Deux mazout, ça ira : peu importe le prix ! On a soif, nous ! ».
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