Courrier des lecteurs: fixation du carbone en prairies récentes: bilan de 38 années d’observations











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Ce pourrait être émouvant si ce n’était grotesque à nos yeux d’agriculteur… La mise en scène d’une vache laitière partie à la recherche de son veau m’a bien fait marrer, mais c’était un rire jaune, car dans le regard d’un enfant ou d’un amoureux des bêtes, cette vidéo pathétique de Gaia apparaît réaliste autant que révoltante ; elle vise à créer une onde de choc qui jette le discrédit sur toute une filière. Et l’association de défense des animaux a remis le couvert en publiant des images filmées dans l’abattoir d’Ath, très malaisantes…

La lecture d’un article récent publié dans la revue Communications Earth & Environment nous a donné l’envie d’écrire parce que ce texte dit à voix haute ce que beaucoup d’agronomes pensent tout bas depuis des années et ce que nombre d’agriculteurs subissent sur le terrain sans toujours avoir les mots pour le formuler face à certaines critiques dont ils font l’objet.

Être le dindon d’une farce n’a rien de glorieux, et cet état de disgrâce s’accompagne souvent de pertes et de fracas. On a l’air bête, et on aimerait rentrer sous terre. Au cours d’une vie, ce genre d’expérience honteuse se produit trop souvent, surtout quand on est agriculteur, avec cette désagréable impression de n’être qu’un pantin entre les mains de marionnettistes.

Depuis quelques semaines, on entend parler d’un nouveau métal lourd par petites vagues régulières. Le scandale a commencé en France et vu qu’on est voisins, tels que les Dupont et Dupond, la Belgique lance aussitôt une surveillance de ses terres. Focus sur le cadmium, qu’est-ce que c’est et pourquoi se retrouve-t-il dans notre corps ?

Il n’est pas inutile de réfléchir quand une question se pose à vous, ni interdit d’explorer des pistes ignorées par les analyses convenues.







Je ne sais pas vous, mais en ce qui me concerne, je ne me rappelle pas du tout de l’instant de ma naissance… Or donc, un beau matin (ou était-ce un après-midi ? En soirée ?), un beau matin vous dis-je, je me suis réveillé au milieu d’une liasse de cent feuillets identiques à moi : cent billets de 20 € ! Et je suis entré dans la danse…

Depuis presque un an maintenant, ma production d’œufs rejoint parfaitement la courbe de la demande. C’est même un chouïa trop juste mais quel plaisir de constater l’absence totale de stock. Dans cette spéculation, cela signifie tout simplement que j’ai pu livrer un produit de toute fraîcheur tout du long. Applaus ! Malgré cette immense satisfaction, je savais que le moment critique allait finir par arriver : la réforme. Oui, les poules doivent être régulièrement changées. Pour adoucir la tension de ces périodes et maintenir au mieux un équilibre, j’ai acquis progressivement trois poulaillers. Le calcul est simple : lorsqu’un bâtiment est à l’arrêt, la production diminue que d’un tiers, ce qui me semblait assez raisonnable.

Je ne sais trop si ce qu’on lit à gauche et à droite se vérifie dans les faits, mais il se dit que l’agriculture biologique a perdu des pratiquants au cours des dernières années… Il semble bien loin le temps où les ex-ministres régionaux Di Antonio et Collin prônaient une « biologisation » à marche forcée de l’agriculture wallonne. Il est encore plus loin le temps où les exploitations agricoles fonctionnaient de manière immuable ! Les fermiers se cherchent de nouveaux créneaux, tâtonnent à gauche et à droite, surtout à droite… Peut-on parler de crise existentielle ?

Il y a quelques semaines, un ami agriculteur m’a sacrément aidée. Le genre de service où il s’est levé à 4 heures du matin et est reparti quatre heures plus tard sur son exploitation, commencer sa journée alors qu’il en avait déjà une demie dans les jambes par ma faute. Je lui ai demandé combien je lui devais, sur ce il m’a répondu que quelques boules de foin feraient bien l’affaire. Je trouvais que ce n’était pas assez, alors je lui en ai proposé le double mais hélas, c’est déjà trop généreux. Lui aussi a déjà assez de foin. Mais alors qu’est-ce qui, sur nos terres, vaut encore son pesant d’or ?

Mai, joli mois de mai ! Mois des fleurs et du printemps, d’une certaine liberté retrouvée à la ferme avec la sortie du bétail en prairie ! Et mois du… Concours Eurovision de la chanson. Je souris de nostalgie en vous écrivant ces mots, car je me rappelle la passion que Maman éprouvait pour cette émission quand nous étions petits, elle qui n’était pas fanatique de télévision mais n’aurait raté cet événement sous aucun prétexte ! Couturière et pas du tout fermière, elle s’intéressait surtout aux tenues des chanteuses, « po vèye kommîn ell’ z’ astîns ko agadlè » (pour voir comment elles étaient encore accoutrées). Après la victoire de France Gall en 1965, elle avait dessiné et cousu pour sa jeune sœur une robe semblable à celle de l’interprète de « Poupée de cire, poupée de son ». Souvenirs, souvenirs…
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