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Prévenir et gérer les maladies pour des plantes en bonne santé

Alors que les potagers ne sont que partiellement semés ou plantés, nous nous inquiétons déjà des risques de maladies. Plusieurs conseils sont à prendre en compte pour éviter celles-ci. Par exemple, la rotation, l’aération, l’ensoleillement ou encore les apports en minéraux des plantes.

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Lorsque les conditions du sol et de la météo sont propices à une croissance active de la culture, les risques de maladies dites de faiblesse diminuent sensiblement. Ce sera notamment le cas pour des champignons décomposeurs du sol, comme les rhizoctones. À l’inverse, si les plantes ne poussent pas bien parce qu’il fait trop froid, que le sol est gorgé d’eau ou compact, elles seront plus vite atteintes.

Ce sera également le cas pour les carences minérales, car les racines qui poussent peu explorent mal le sol et absorbent difficilement les minéraux disponibles. Quand la structure du sol est dégradée, les racines ont du mal à le parcourir efficacement.

Attention aux longues périodes d’humidité

Nous semons les carottes en un endroit qui n’a pas été cultivé avec des légumes de la même famille depuis plusieurs années. Ce principe est une manière simple de limiter les risques de transmissions de maladies par le sol. Pour que l’efficacité des rotations soit bonne, il faut qu’elle soit la plus longue possible. Six ou sept ans, c’est parfait, quatre ans est déjà bien. Il est, par exemple, fortement déconseillé de cultiver des salades au même endroit par rapport à il y a deux ans.

Un autre conseil important est de bien aérer les feuillages. En effet, les plantes sécheront beaucoup plus vite de la rosée du matin ou après une pluie. Et plusieurs maladies foliaires redoutables sont favorisées par de longues périodes d’humidité ou d’humectation de celui-ci.

Avec la même logique, le jardinier arrosera en évitant de mouiller ce feuillage. S’il ne sait pas faire autrement, il réalisera cette opération durant un moment naturellement humide, pendant la rosée par exemple. Ainsi, il n’allongera pas la période d’humidité des feuilles.

Dans les jardins mal aérés, plantons à des écartements un peu supérieurs.

A ce propos, le calendrier de semis donne les distances de plantation recommandées (voir Le Sillon Belge du 11 janvier). Par ailleurs, même s’il est vrai que les prévisions de dates ont été complètement chamboulées cette année, les conseils de densité restent bien valides.

Une luminosité bien répartie durant la journée

Certaines sortes de légumes sont plus sensibles que d’autres au manque ou à l’excès de lumière. Trop de lumière peut signifier une température trop excessive, et inversement. Cela se concrétise en pratique de différentes manières. Pour des espèces, cela peut être une sensibilité accrue à la montaison à graines. Pour d’autres, cela peut être une pommaison incomplète (salades, choux). Mais en dehors de situations particulières, telle qu’une variété adaptée à l’automne ou au début du printemps qui serait plantée en plein été ou l’inverse, les plantes se développent mieux quand la luminosité est bien répartie sur la journée. Un ombrage long et important, à cause d’un arbre ou d’un bâtiment, par exemple, aura tendance à faire filer les plantes et à les rendre plus sensibles à des désordres de croissance.

 

Bien alimenter les plantes

Disposer dans le sol d’éléments minéraux en quantités équilibrées est un des fondements d’une bonne santé du végétal. Cela ne doit pas être fait chaque année, mais une analyse de terre réalisée dans un laboratoire spécialisé permet de connaître la situation actuelle et surtout de recevoir des conseils adaptés. Le site http://www.requasud.be/fr donne les adresses des laboratoires provinciaux spécialisés dans les analyses de sol.

Avoir une bonne hygiène de jardin

Pour le potager, une bonne hygiène signifie plusieurs actions.

– Le jardinier surveille bien ses cultures pour détecter rapidement d’éventuels problèmes.

– Les déchets de cultures sont compostés avec efficacité, c’est-à-dire avec une montée franche de la température grâce aux opérations de compostage.

– Les déchets de plantes porteurs de maladies subiront le même sort avec une rigueur absolue. À défaut, ils seront écartés du potager.

Pour les cultures sensibles aux maladies transmises par le vent, nous semons ou plantons les différents lots en commençant par les plus précoces du côté où les vents dominants s’évacuent, puis en progressant dans la direction d’arrivée de ces vents.

En pratique, en Wallonie, ces derniers viennent du sud-sud-ouest. Ainsi, si nous plantons 4 variétés de pommes de terre dans le potager, nous installons la plus précoce, celle qui risque d’être la première à porter le mildiou, du côté nord-nord-est. De cette manière, les spores de mildiou produites sur la variété hâtive ne seront pas emmenées directement chez les voisines, le vent se dirige dans l’autre sens.

 

Garder les distances

Nous avons appris à garder nos distances quand une épidémie sévit. Et nous avons constaté que cela jouait pour limiter la transmission de maladies. En séparant les plantes d’une même espèce en intercalant des lignes ou des plantes d’une espèce sensible à d’autres maladies, nous obtenons le même résultat. C’est efficace pour diminuer les risques de contamination en général. Ce principe est à appliquer tout en gardant les distances suffisantes, bien sûr.

Lorsque les méthodes préventives ne fonctionnent pas…

Comme déjà indiqué dans Le Sillon Belge, et dans les catalogues de semenciers, certaines variétés sont plus ou moins sujettes à certaines maladies.

Lorsque le jardinier constate que les méthodes préventives montrent leurs limites, et que le recours à des produits devient nécessaire, il devra suivre les recommandations reprises sur les emballages. Si un produit est destiné à être appliqué sur l’ensemble du feuillage, il devra préparer les bouillies avec soin, vérifier les calculs avec attention. Il devra, par exemple, se rappeler que 1 are équivaut à 100 m². Ces bouillies doivent être bien mélangées dans la cuve du pulvérisateur et mélangées régulièrement pour éviter les dépôts. Elles seront uniquement appliquées sur toutes les feuilles de toutes les plantes concernées.

La résistance de la variété est une méthode de lutte préventive très efficace.
La résistance de la variété est une méthode de lutte préventive très efficace. - F.

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