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Les mots d’Agnès Ledig, pour laisser s’exprimer les âmes blessées

Il y a peu, je discutais de mes lectures avec ma voisine et lui disais lire Agnès Ledig : « J’aime beaucoup cette auteure mais, elle me fait souvent pleurer », tout est dit !

Temps de lecture : 3 min

J’avais déjà testé « Juste avant le bonheur » et je vous avais déjà parlé de « Marie d’en haut » (qui ceci dit laisse plus de place à l’humour que les autres). J’ai récemment attaqué « Dans le murmure des feuilles qui dansent ».

Il s’avère que, par hasard, j’avais également acheté et lu avec mes enfants un album de la même auteure (et illustré par Frédéric Pillot), « Le cimetière des mots doux ». Et voilà que je découvre que ces écrits sont liés et mettent en scène les mêmes personnages. L’album n’est pas plus « rigolo » que le livre mais ce n’est pas un défaut car ces deux textes ont d’autres qualités. Notamment, celle de mettre les mots sur des étapes difficiles pouvant être vécues par tout un chacun. Tout n’est pas toujours « comique » et il est parfois utile d’apprendre – enfants ou adultes – à comprendre ce que peuvent ressentir des gens dont le destin a été bouleversé ou faisant face au deuil, à la maladie ou encore l’absence. Agnès Ledig est douée pour analyser et verbaliser la multitude de sentiments que révèle ce genre d’épreuves. Elle décrit aussi merveilleusement bien les relations qui se construisent entre les êtres humains. Alors oui, c’est parfois dur mais, elle équilibre tout cela avec beaucoup de beauté et de symbolique. Ce ne sont donc sans doute pas des livres à lire quand on est au bord du gouffre, mais, si on souhaite davantage connaître son prochain, ils sont excellents.

Dans le murmure

des feuilles…

On suit le parcours de Thomas et Anaëlle.

Thomas, menuisier, tente de combiner son quotidien « alimentaire » et la grave maladie de son petit frère Simon. Chaque jour, il tente de lui apporter un peu de la forêt chère à son cœur au sein de sa chambre d’hôpital

Anaëlle se remet peu à peu d’un violent accident. Elle apprivoise la nouvelle vie engendrée par cet événement et entame une correspondance avec un procureur.

« Une histoire simple et poignante où des âmes blessées donnent le meilleur d’elles-mêmes et nous rappellent, avec l’aide de la nature, que la vie est plus forte que tout ».

Le cimetière des mots doux

« Je m’appelle Annabelle. Mais Simon mon amoureux, m’avait donné un petit nom, comme un mot doux, comme un bisou, juste pour moi, juste pour nous. (…) Il m’appelait Annamabelle. (…) Nous étions nés le même mois de la même année, nous vivions dans la même rue du même village…(…) Parfois, sans nous parler, nous nous comprenions quand même. (…) Un jour, à l’école, sa chaise est restée vide. Depuis, il s’est passé des mois et des mois et il me manque encore ; personne ne sait à quel point, sauf peut-être Thomas. (…) Il me dit qu’un jour je penserai à Simon avec de la mélancolie. « La mélancolie, c’est comme la tristesse, mais avec de la douceur dessus. » »

« Un livre qui s’adresse aux enfants et parle pourtant de la mort sans détour, car la vraie vie est ainsi. Il est légitime de vouloir protéger les plus petits mais ils ressentent les évènements. Y mettre des mots simples et justes, sans tricher, peut leur donner des pistes pour explorer leurs émotions ».

Mes enfants ont pleuré et moi aussi mais, je préfère leur apprendre à comprendre certaines douleurs avec poésie…

Delphine Jaunard

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