Le mildiou préoccupe les jardiniers
Depuis fin mai, le mildiou est signalé un peu partout en Belgique sur les repousses sauvages de pommes de terre dans diverses cultures et dans des potagers. La maladie peut s’étendre rapidement sur le feuillage, dès lors comment protéger ses cultures ?

Dans nos potagers, ainsi que dans les champs des agriculteurs professionnels, les pommes de terre ont été plantées entre la fin mars et juin, créant des situations très contrastées.
Pour s’en prémunir, il convient, tout d’abord, de choisir des variétés robustes par rapport aux maladies. Si ce n’était pas le cas, il faudra en tenir compte l’année prochaine.
Il faut également avoir un bon buttage. C’est la terre qui protège les tubercules de la contamination par les spores du champignon Phytophtora infestans. La forme idéale de la butte est telle que l’eau de pluie s’écoule le long de ses flancs et pénètre dans le sol dans la zone explorée par les racines. Donc, il faut éviter un sommet en dos d’âne, l’eau de pluie y pénétrerait en emmenant avec elle les spores contaminatrices jusqu’aux tubercules.
Ensuite, lorsque nous pulvérisons un produit préventif contre le mildiou, nous devons tenter de couvrir toutes les folioles des feuilles de l’ensemble des plantes. Pour éviter l’apparition de résistance, il convient d’alterner les familles de produits. Nous pouvons pour cela consulter le site https://fytoweb.be/fr et choisir en colonne de droite « usage non professionnel ».
Le jardinier peut aussi intervenir préventivement en appliquant sur le feuillage des produits susceptibles d’améliorer la résistance naturelle de la plante ou qui vont empêcher la survie du germe issu des spores du champignon Phytophtora infestans. Nous avons probablement tous déjà essayé de réaliser nous-mêmes des purins de plantes en vue d’améliorer la résistance naturelle de nos pommes de terre sans devoir acheter des fongicides. Mais reconnaissons que les résultats ne sont pas toujours à la hauteur de nos espoirs…
Pour que l’application de ces produits avec un pulvérisateur soit correcte, nous devons utiliser suffisamment d’eau, au moins 4 litres par 100 m². Ensuite, nous devons travailler avec une forte pression : maximale pour les appareils à pression préalable, en pompant à rythme rapide pour les appareils à pression maintenue ; nous pouvons viser 3 bars si notre appareil est muni d’un manomètre.
L’importance des conditions climatiques
Pour qu’une spore puisse se développer sur une plante sensible, que ce soient des pommes de terre ou des tomates, les conditions doivent être favorables à sa multiplication, sa dissémination, et enfin sa germination. La maladie devient redoutable lorsqu’elle atteint un seuil épidémique : la météo joue un rôle déterminant. C’est lorsque les conditions restent favorables pendant plusieurs semaines consécutives que les ravages sont les plus impressionnants.
Il faut de l’humidité sur la feuille pour que la germination de la spore se déroule bien. Cette humidité relative de l’air doit être élevée pour que le champignon puisse fructifier, c’est-à-dire produire des spores à son tour. Enfin, la température favorable est comprise entre 8 et 30°C, les plus grands risques étant entre 12 et 20°C.