15 ans de Lemken Belgique: une progression continue et une gamme revue
Lemken Belgique-Pays Bas a récemment fêté ses 15 ans. Pour l’occasion, la marque réunissait ses concessionnaires afin de leur présenter les évolutions et nouveautés disponibles en 2025.

En juillet 2009, la Belgique et les Pays-Bas décident de travailler en direct, sans importateur pour la distribution de la marque Lemken. C’est ainsi que naît Lemken Belgique- Pays-Bas. Au fil des ans, l’équipe s’est renforcée et affiche désormais 7 membres et un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros (en 2023) contre 7 millions à ses débuts. « Nous avons réalisé une croissance continue dont nous sommes fiers et je reste persuadé que cela se poursuivra grâce à notre gamme qui évolue », affirme François Dumonceau, area sale manager chez Lemken Belgium.
À l’avenir, la marque entend bien rester un partenaire à part entière dans l’agriculture de nouvelle génération. « Nous sommes désormais là pour vendre des solutions qui dépendent d’une série de paramètres. Celles-ci peuvent être développées notamment grâce à des outils tels que la digitalisation ou l’automatisation mais aussi la collaboration avec des centres de recherche ou la mise en place de groupes de travail analysant les besoins des différents pays. Ainsi, nous pouvons fournir des concepts qui aident l’agriculteur à être plus rentable tout en garantissant la protection de l’environnement et un certain bien-être sociétal. Tout cela est également possible grâce à notre réseau de concessionnaires. Ces derniers restent le point central et assurent la relation client ».
La herse étrille Thulit, une conception 100 % Lemken
Issue d’un développement interne de la marque, la herse étrille Thulit est disponible depuis 2024, en présérie, dans des largeurs de 6 m et 9 m. Elle le sera également de présérie en 2025, en 12 m et 15 m, en double repliage afin de respecter les contraintes de hauteur au transport. « Six machines tournent en Belgique et surtout aux Pays-Bas. Le marché belge est principalement ouvert aux largeurs de 9, 12 et 15 m du fait des fenêtres météorologiques et de vitesses limitées. L’outil se positionne évidemment particulièrement bien en agriculture biologique. Il a également tout à fait sa place dans les exploitations conventionnelles du fait du nombre de matières actives que nous perdons chaque année et des alternatives à envisager », explique François Dumonceau.
La Thulit appartient aux herses étrilles de troisième génération : « On propose un outil qui a l’avantage de présenter une résistance constante de la dent sur toute sa course, allant du poids de la dent jusqu’à 5 kg. Pour y arriver, on travaille avec un système hydraulique qui consiste en un bloc et un petit piston qui exerce la pression souhaitée sur chaque dent ».
Pourquoi est-il important d’avoir un effort constant ? Tout d’abord, pour assurer une action optimale dans des terrains irréguliers mais aussi pour pouvoir réaliser un désherbage mécanique dans des cultures sur buttes. « Avec cette machine, il est possible de désherber des pommes de terre, des carottes ou encore des chicons. On peut faire varier la position des roues en fonction du type de butte ».
La herse est aérée : « L’absence de ressorts permet une grande visibilité sur le travail. Elle est articulée pour pouvoir suivre le terrain dans le sens de marche mais aussi latéralement grâce au troisième point fixé à un trou oblong ».
La machine comporte 4 poutres avec une fixation des dents à l’avant et l’arrière des poutres, toujours pour garantir une répartition constante de la pression. « La présence d’hydraulique à chaque dent peut faire peur. Toutefois, chaque piston peut être changé individuellement sans encombre. Le renouvellement des dents est aisé ».
Pour régler l’agressivité des dents, on jouera sur la pression et sur sa position par rapport au sol, déterminée par la hauteur des roues. La vitesse aura également un impact : « On peut tabler sur une vitesse d’avancement allant de 1,5 km/h à 8 km/h en fonction de l’enracinement de la culture principale, le maximum pouvant être envisagé dans des céréales bien en place, au printemps par exemple ».
L’écartement entre les rangs n’a pas été choisi par hasard. Il a été étudié avec une université allemande en comparant la distance entre les dents et l’efficacité du désherbage. « On a ainsi obtenu un compromis qui permet un bon dégagement tout en assurant un désherbage de qualité ».
Plusieurs fonctionnalités en matière hydraulique sont possibles, notamment pour les options de pression sur les dents pour lesquelles il peut s’agir soit d’un distributeur et retour libre ou d’un système load-sensing. La marque propose aussi un repliage asymétrique ou un repliage en V. Ce dernier peut s’avérer intéressant pour les machines plus larges.
La configuration des roues de jauge procure aussi diverses possibilités : « En 9 m, on trouve les 4 roues standards à l’avant mais il est possible d’avoir des roues de jauge optionnelles à l’arrière. Certains s’en passent et misent sur le troisième point en fixe. Cependant, je conseille vivement de les avoir. Sur les largeurs de 12 m et plus, on peut même en ajouter sur les éléments extérieurs ».
« À l’avenir, nous souhaitons pouvoir faire évoluer cette machine et la combiner avec des systèmes de nivellement ou du matériel de semis de couverts et sursemis. Son avantage réside dans la possibilité de passer dans quasiment toutes les cultures au contraire d’une bineuse. Néanmoins son efficacité dépendra du moment d’action avec toujours pour objectif d’agir sur de jeunes adventices, parfois même en pré-émergence de la culture principale. Le réglage des paramètres pression, hauteur et vitesse est déterminant et peut mener à des résultats radicalement différents », détaille encore François Dumonceau. Et d’ajouter, « Lors des comparaisons d’outils, il est opportun d’avoir en tête que le poids de la machine doit être supérieur au nombre de dents multiplié par 5 kg ».
Le déchaumeur à disques Rubin 10, un outil multifonction
Le déchaumeur à disques Rubin 10 MR n’affiche que quelques modifications, la première résidant dans sa nomination. En effet, jusqu’à présent les outils Lemken s’appuyaient sur des dénominations allemandes. « Étant donné que l’entreprise à désormais une portée internationale et exporte plus de 80 % de ce qu’elle produit, il était logique de se tourner vers des termes anglophones. En ce qui concerne le Rubin MR par exemple, M correspond à mounted/porté et R à rigid/non repliable. Pour la version semi-portée la référence est TF, avec F pour foldable/repliable »,
Le Rubin 10 MR est disponible en version fixe pour une largeur de travail jusqu’à 4 m. Son éclairage a été légèrement remanié. Mais, la nouveauté réside surtout dans l’ajout d’une broche qui permet de limiter la course du réglage hydraulique de profondeur lorsqu’on a de nouvelles dents : « On fait souvent l’erreur de croire qu’avec de nouveaux disques on a toute la course de réglage de profondeur dès le début ce qui peut provoquer des bourrages. Pour éviter ce problème, on travaille de 1 à 5 sur les Rubin d’ancienne génération. Sur les nouveaux, la broche permet d’aller de 1 à 9 avec les nouveaux disques et on la retire ensuite pour également aller de 1 à 9 mais dans une autre plage. Ça permet d’éviter les erreurs. De plus, le châssis a été revu car on le voulait plat et nous sommes revenus à un attelage par barre comme c’était le cas précédemment ».
Le représentant précise aussi que, pour que les agriculteurs puissent profiter de la gamme étendue de rouleaux, dont la marque prévoit d’ailleurs une révision et standardisation complète pour 2026, un système de remplacement de rouleau rapide a été introduit pour le Rubin 10 MR comme le TF. Il est ainsi possible de changer très rapidement et avec peu d’effort différents rouleaux simples ou doubles afin d’adapter au mieux l’outil de travail aux différentes exigences.
De nombreuses nouveautés sont aussi présentes sur le Rubin 10 TF semi-porté, disponible en largeur de travail de 4 à 7 m. L’écart entre rangées de disques, augmenté de 150 mm pour atteindre 1350 mm, permet à la matière organique de retomber davantage au sol après la première rangée de disques, ce qui améliore l’effet de coupe et de mélange de la deuxième rangée. Par ailleurs, le risque de bourrage est davantage réduit, même en présence d’une masse de matières organiques importante.
En plus de la herse étrille, le déchaumeur à disques compact semi-porté introduit un compartiment à dents niveleuses et un rouleau couteaux en amont comme deux outils préliminaires supplémentaires.
Dans les régions où la paille reste dans le champ, la herse étrille à réglage automatique éprouvé montre tous ses atouts. Les pailles inégalement réparties provenant du hacheur de la moissonneuse-batteuse ou les tas de paille laissés lors du pressage des balles se retrouvent à de nombreux endroits. Celles-ci sont collectées par la herse et libérées de manière dosée dans le compartiment à disques, ce qui améliore l’effet d’entraînement et rend le mélange de paille plus homogène sur la surface de la parcelle.
Le compartiment à dents niveleuses issu de la série de déchaumeurs à disques compacts Heliodor est utilisé sur le Rubin 10 TF lorsqu’il doit servir pour la préparation du lit de semences. Les grosses mottes sont enfoncées dans le sol et peuvent ainsi être mieux découpées et mélangées. En outre, il est possible de mettre les dents en position « fuyantes » ou en position « pointées en avant » afin de pouvoir varier l’intensité de travail.
Avec le rouleau couteaux, la marque propose aussi un nouvel outil préliminaire qui a ses avantages dans le colza ou le tournesol. Il est un atout dans la lutte contre la pyrale du maïs en automne. Les six lames coupent et émiettent la masse de matières organiques avant que le compartiment à disques ne prenne le relais. La forme hélicoïdale du rouleau couteaux assure un fonctionnement tranquille, tandis que sa conception ouverte évite les bourrages.
Les deux déchaumeurs à disques compacts Rubin 10 MR et TF remplaceront les versions existantes en 2025.
Le Koralin 9 pour un scalpage superficiel
Le Koralin a été présenté il y a quelques années en semi-porté combinant des disques et dents. Néanmoins, il est plutôt adapté aux grosses exploitations. « Avec le Koralin 9, on propose une machine portée plus abordable, de déchaumage ultra-superficiel, qui permet d’aller de 2 à 5 cm de profondeur. Il faut vraiment l’envisager pour le scalpage, le but étant de garder les graines de mauvaises herbes en surface et de les faire germer, ainsi que de couper la capillarité pour éviter que la terre ne se dessèche davantage. L’idéal est de passer dans les heures suivant la récolte. On est sur un soc extra-plat qui va permettre de garantir la planéité de la dent par rapport au sol. Le contrôle de profondeur se fait via les roues de jauges et non le rouleau. L’outil peut d’ailleurs être équipé d’une herse à peignes à la place de ce dernier. La machine est disponible en non-stop ou sécurité boulon et existe en 6,60 m ou 8,80 m de large ».
Du changement pour la herse rotative Zirkon
Un semis réussi et productif dépend de la préparation du lit de semences en amont, qui doit être adapté aux conditions générales propres à chaque exploitation. À cette fin, la combinaison du semoir à une herse rotative s’impose souvent. En parallèle du coup de neuf apporté à ses semoirs, Lemken propose une nouvelle gamme de herses rotatives Zirkon MR, homologuée – en fonction de la largeur de travail – pour des tracteurs jusqu’à 240 ch. La Zirkon EMR (ÉcoMR) se présente comme la successeure de la Zirkon 8 alors que la Zirkon XMR (XtraMR) correspond à la Zirkon 12. Néanmoins, les deux types continueront à coexister, la nouvelle gamme étant plus particulièrement proposée avec les nouveaux semoirs Solitair MR.
Les nouvelles Zirkon sont munies d’effaces-traces à l’avant et la force au bout de la dent est multipliée par 20.
La tête d’attelage a également évolué avec une configuration commune pour toute la gamme. « Il s’agit de l’un des changements majeurs. Le Solitair précédent était posé sur la tête d’attelage de la rotative. Par conséquent, lorsqu’on modifiait la profondeur de travail de la herse, la trémie descendait ou montait et cela influençait le réglage de la profondeur de semis. Ce n’est plus le cas puisque le semoir repose sur le rouleau. Cette nouvelle géométrie fait que la Zirkon M ne peut être associée qu’à un Solitair M. Néanmoins, dans un futur proche, des pièces d’adaptation devraient permettre d’y associer un ancien Saphir ou Solitair ».
Enfin, l’éventuel réglage hydraulique de la barre de nivellement et de la profondeur de travail apporte encore plus de confort sur la Zirkon. « Le réglage hydraulique existait uniquement sur la Zirkon 12, il le era désormais sur la XMR et la EMR, de même que celui de la planche niveleuse ».
Standardisation et ergonomie pour le Solitair MR
Si la herse rotative a subi une évolution, le Solitair a subi une révolution. En effet, Lemken envisage une rénovation complète de sa gamme de semoir. « Actuellement, nous proposons plusieurs types de rampes de semis. À terme, nous nous concentrerons uniquement sur la rampe de semis OptiDisc avec réglage de pression mécanique ou hydraulique. De même, le système de dosage présenté sur le semoir MR sera celui qui équipera les différentes gammes. Pour ce nouveau semoir, nous avons également mis l’accent sur l’ergonomie en termes d’accessibilité et de facilité de mise en œuvre », explique François Dumonceau.
La série Solitair MR dispose d’une trémie de 1.500 l, dont la version de base est déjà compatible avec les engrais. La trémie d’une capacité de 2.000 l est disponible en option, compartimentée sur demande selon un rapport de 60:40, afin de distribuer plusieurs composants en même temps. Il est également possible d’y additionner le semoir à couvert MultiHub, d’une capacité de 200 l. Les intercultures peuvent être semées en un seul passage. Les semences provenant du MultiHub sont déposées devant ou derrière les herses via les tubes de descente de semences existants ou via un déflecteur. Il possède donc le même nombre de tronçons que le semoir. La commande du MultiHub est entièrement intégrée dans l’interface utilisateur du terminal Isobus en tant que barre de semis supplémentaire.
Comme précisé plus haut, le Solitair MR est équipé de la barre de semis sans entretien OptiDisc avec des espacements inter-rangs de 12,5 ou 15 cm, des socs à double disque montés sur parallélogramme et des roues plombeuses à l’arrière permettant des levées homogènes. La rampe de semis est disponible en version hydraulique (pression d’enterrage jusqu’à 70 kg) et mécanique (pression d’enterrage jusqu’à 45 kg). La pression d’enterrage et la profondeur de semis peuvent être réglées indépendamment l’une de l’autre et n’ont aucune influence l’une sur l’autre. Cet avantage est mis à profit dans les intercultures. Il est possible de régler la bonne profondeur de semis selon chaque culture, car chaque deuxième rang est équipé d’un réglage de profondeur séparé. Même à des vitesses d’avancement élevées et sur des sols irréguliers, les semences sont toujours déposées exactement à la même profondeur. La roue plombeuse rappuie ensuite les graines pour assurer une levée rapide et régulière.
Les têtes de distribution, sans retour de semence, placées directement au-dessus de la barre de semis permettent une bonne répartition transversale des semences.
Le nouveau semoir est équipé de deux doseurs. Chacun alimente un distributeur de semences, de sorte qu’une commutation de tronçons ou de demi-largeurs est déjà possible dans la version de base. Un dispositif de jalonnage hydraulique peut être ajouté en option. Le logiciel iQblue Drill assiste le travail au champ, en vérifiant par exemple si un dispositif de jalonnage est possible.
Si l’on opte pour la version à épandage unique (Single-Shot) ou à double épandage (Double-Shot), le Solitair MR est équipé de quatre doseurs pour deux tronçons chacun. Cela signifie que chaque trémie dispose à chaque fois de deux doseurs. Il est ainsi possible d’alimenter chacun des deux distributeurs avec les deux composants (Single-Shot) ou chacun des quatre distributeurs avec un composant à la fois (Double-Shot).
La passerelle du semoir est désormais latérale et il est aussi équipé d’un box de rangement.
Le Solitair et la herse rotative Zirkon sont tous deux disponibles en série dès 2025.
Karat passe au « 10 »
En ce qui concerne le Karat, la rénovation de la gamme est désormais totale et ne compte plus que des Karat 10. « On parlait déjà du Karat 10 en rigide, c’est désormais le cas aussi en porté repliable auquel les mêmes nouvelles caractéristiques du rigide ont été implémentées. Il est notamment possible de l’équiper à l’arrière de palettes de nivellement pour les terres légères ou de disque étoilés pour les terres intermédiaires ou autres. Hormis ces options, on a également la possibilité d’avoir un relevage hydraulique des disques de bordure. La disposition des dents est maintenant 100 % symétrique et il n’y a plus de flux de terre vers la gauche. Cela implique un changement du nombre de dents avec 13 dents au lieu de 14 sur le 4 m. La machine est disponible en sécurité boulon et non stop ».