Son propre maître? Vraiment?
Un agriculteur, dit-on, est son propre maître. Légende ou réalité ? Chaque matin, il se lève avec un plan de travail en tête, un schéma mental qu’il a dessiné lui-même, que personne ne lui a imposé, ni un patron, ni un chef de chantier ou un quelconque directeur. Il organise sa journée comme bon lui semble, sans limites ni obligations. Vu de l’extérieur, notre métier semble baigner dans une forme de liberté absolue, mais au-delà des apparences, des obligations de résultat déterminent le parcours à accomplir. C’est particulièrement vrai en ce qui concerne l’agriculture contractuelle, forme moderne et pernicieuse de servitude paysanne.

Je suis resté comme deux ronds de flan quand un jeune fermier m’a expliqué le contrat qui le lie à une firme avicole. Il se fournit chez elle en poulettes et poussins, farines, produits vétérinaires, désinfectants, gants, charlottes, chaussons et habits de protection en plastique, boîtes en carton… La totale ! En « échange », la société en question lui achète les œufs à un prix établi, tandis que lui s’engage à fournir des quantités fixées « d’un commun accord ». Je mets des « guillemets » pour souligner le caractère unilatéral de la convention, dictée...
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