Biocarburants : l’énorme potentiel des États-Unis pour l’aviation
Le département américain de l’Énergie montre la capacité des États-Unis à produire jusqu’à 132 milliards de litres de carburants d’aviation durable par an, pour arriver à 100 % de biocarburants dans l’aviation en 2050. Une production qui reposerait majoritairement sur des déchets agricoles et forestiers.

Les États-Unis disposent de suffisamment de biomasse pour produire jusqu’à 132 milliards de litres de carburants d’aviation durables (SAF) par an d’ici à 2050, indique un récent rapport du Département de l’énergie américain (Doe).
Déchets agricoles
et forestiersCe chiffre est l’objectif commun fixé par les départements du Transport (Dot), de l’Agriculture (Usda) et de l’Énergie (Doe) pour arriver à 100 % de biocarburants dans l’aviation en 2050. L’étude, menée en collaboration avec cinq autres grands laboratoires du pays, présente différents scénarios de déploiement pour le secteur de la bioénergie dont deux nécessitent la production de ces 132 milliards de litres (soit 35 milliards de gallons) de Saf par an pour le milieu du siècle.
Pour atteindre ce volume annuel, l’étude indique qu’il est nécessaire de produire au moins 1,03 milliard de tonnes par an de matière sèche de biomasse pour 2040 ; 59 % de cette production devront principalement être issus de déchets agricoles et forestiers, et les 41 % restants devront provenir de cultures (forestières et d’herbage) dédiés à la production d’énergie.
Et ces scénarios sont « les plus optimistes », signale le rapport, car, pour y parvenir, les rendements des génotypes des cultures énergétiques devront augmenter de 1 % par an jusqu’en 2040, et les conversions des terres conventionnelles seront limitées par les besoins alimentaires.
Des projections au profit des biocarburants
Mais « tandis que la demande d’autres carburants de transport devrait diminuer à mesure que le secteur des transports adopte l’électrification », la demande en Saf « devrait augmenter », indique l’étude. Pour leur production, deux grandes voies de conversion de la biomasse coexistent. D’une part, la conversion biochimique en alcool puis en biocarburant d’aviation, décrite comme « rentable » pour les résidus agricoles et d’herbages.
D’autre part, la conversion thermochimique de la biomasse, considérée comme « compétitive » pour la biomasse issue du bois. Le rapport fait aussi valoir le « marché potentiel » des coproduits issus de ces Saf, « à mesure que la demande de carburants liquides va diminuer » dans les moyens de transport plus légers. Mais, que ce soit pour l’aviation ou pour la bioélectricité, l’étude assure que les résidus agricoles et forestiers « constituent une opportunité rentable » pour une décarbonation à court terme.