Ukraine : début des négociations d’adhésion à l’UE
Après la validation du mandat par le Conseil, l’UE et l’Ukraine ont commencé les discussions pour l’adhésion le 25 juin. Une négociation qui devrait toutefois représenter un défi notamment sur son volet agricole. Les enjeux du secteur agricole ukrainien pour l’UE, c’est ce qu’analyse l’Iddri dans une étude publiée le 27 juin dernier.

Top départ ! L’UE a officiellement ouvert, le 25 juin à l’occasion de la première réunion de la conférence intergouvernementale, les négociations d’adhésion de l’Ukraine (mais aussi de la Moldavie).
Les enjeux agricoles, principal défi des pourparlers
Ce moment a été rendu possible par la validation formelle du cadre de négociation par le Conseil de l’UE, le 21 juin à l’occasion d’une réunion des ministres de l’Économie et de finances.
Le lancement officiel des pourparlers était une priorité pour la Belgique alors qu’elle vient de passer le flambeau de la présidence tournante du Conseil de l’UE à la Hongrie qui a exprimé des réticences à l’adhésion ukrainienne par le passé. « Au cœur d’une période sombre, les Ukrainiens et les Moldaves ont fait un choix clair : celui de se réformer malgré les difficultés pour entrer, un jour, dans l’Union européenne », avait indiqué Hadja Lahbib.
La commission européenne doit à présent continuer à évaluer l’état de préparation de l’Ukraine pour l’ouverture de négociations dans des domaines spécifiques et à identifier les problèmes qui seront probablement abordés lors des négociations. Sur ce point, les questions agricoles promettent d’être l’un des principaux défis des pourparlers qui s’annoncent.
En mars, Bruxelles a publié une communication dans laquelle elle précise notamment qu’une « évaluation approfondie de ses effets à long terme sur la viabilité et la durabilité des politiques agricoles dans une UE à 30 + » est nécessaire et qu’il faudra « garantir des conditions de concurrence équitables pour le secteur agricole entre les États membres actuels et futurs ».
L’Ukraine serait le premier pays bénéficiaire de la Pac !
En parallèle, l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) a publié, le 27 juin, une étude analysant les enjeux agricoles de l’élargissement de l’UE à l’Ukraine.
Le cercle de réflexions estime que l’adhésion de Kiev représente des défis importants pour les secteurs agricoles des deux côtés. Pour l’Ukraine, son intégration à l’UE est un défi en termes d’adaptation aussi bien sur le plan politique, qu’administratif, logistique et économique.
Du côté européen, la question du fonctionnement et de la réforme de la Pac se pose. « À cadre constant, l’Ukraine pourrait recevoir entre 10 et 12 milliards € d’aides de la Pac chaque année », constatent les auteures de l’étude. Et d’ajouter : « Cela ferait de l’Ukraine le premier bénéficiaire de cette politique, devant la France qui reçoit actuellement 9,5 milliards € par an ».