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Émissions agricoles : les subventions plus efficaces que les taxes

Mieux vaut privilégier des politiques de subventions que des taxes pour réduire les émissions du secteur agricole, selon une thèse de doctorat en économie. Des projections de la balance coût-efficacité des « contrats carbone » montrent les avantages de l’agroforesterie.

Temps de lecture : 3 min

Pour réduire les émissions de gaz à effet de serre (Ges) du secteur agricole, une thèse de doctora t soutenue début avril met en évidence l’intérêt des subventions par rapport à la taxation des émissions.

Modélisation de plusieurs scenarii

En particulier, sont citées des subventions pour la séquestration « totale » du carbone (issu de la biomasse et du sol) et du carbone issu seulement de la biomasse. Ces politiques « s’avèrent plus rentables qu’une taxe sur les Ges   », souligne son auteure Roxane Photinodellis, de l’unité mixte de recherche Paris-Saclay Applied economics (Inrae-AgroParisTech).

Pour arriver à ces résultats, la doctorante a modélisé différents scénarios à partir de données d’exploitations de la région Grand-Est, avec des projections sur trente ans, l’objectif étant d’identifier un « compromis » entre « les coûts de surveillance » et « l’efficacité des politiques d’atténuation des émissions de Ges et de la séquestration du carbone dans le secteur agricole ».

Actuellement, en France, aucune politique n’est spécifiquement destinée au respect des objectifs pour le secteur agricole de la Stratégie Nationale Bas-Carbone (Snbc). À l’inverse, un pays comme le Danemark a récemment introduit une taxe carbone sur son agriculture. À partir de 2030, les agriculteurs danois devront payer environ 16 € par tonne d’équivalent CO2 émise, sauf s’ils utilisent des mesures climatiques approuvées.

La Nouvelle-Zélande avait aussi essayé, en 2022, d’instaurer une taxe sur les émissions de gaz à effet de serre issus du bétail. Cette décision avait entraîné des manifestations d’éleveurs néo-zélandais. Après de longues négociations, l’actuel gouvernement de centre-droit a annoncé, le 11 juin, abandonner le projet.

L’UE en faveur du « carbon farming »

Au niveau de l’UE, le parlement européen a définitivement validé, le 10 avril, un nouveau règlement sur la certification des absorptions de carbone, dont celles d’activités agricoles relatives au « carbon farming ».

Ces pratiques de gestion des terres améliorent la séquestration du carbone par un meilleur captage et une réduction des rejets de carbone dans l’atmosphère. Pour la mise en œuvre du règlement, la commission européenne continue de mobiliser l’avis de groupes d’experts, dont la prochaine réunion aura lieu le 21 octobre.

L’objectif est d’identifier des méthodologies de certification sur mesure au moyen d’actes délégués. C’est aussi l’un des objectifs de la thèse, qui étudie les conditions de participations d’agriculteurs à des programmes volontaires de « carbon farming ». Pour la région Grand-Est, elle met en évidence l’intérêt de l’agroforesterie. Pour Roxane Photinodellis, les paiements à l’hectare en faveur de cette pratique sont «  plus appropriés  » pour « encourager les pratiques de séquestration du carbone ».

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