La PAC devrait être «beaucoup plus ciblée», selon un rapport
Un rapport commandé par la Commission européenne sur l’avenir de l’agriculture dans l’UE appelle à revoir le fonctionnement de la PAC, pour qu’elle soit beaucoup plus ciblée dans l’attribution de ses soutiens financiers.

Le «dialogue stratégique sur l’avenir de l’agriculture» avait été lancé en début d’année, rassemblant 29 acteurs de l’agroalimentaire, du monde rural, des organisations de défense de l’environnement, etc. Piloté par l’universitaire allemand Peter Strohschneider, le document réclame une réforme structurelle de l’actuelle Politique agricole commune (PAC) et ses 387 milliards d’euros de financement.
La négociation de la future PAC (2028-2034) constitue justement l’un des dossiers sensibles de la nouvelle Commission européenne en cours d’installation.
Plutôt qu’un calcul des aides en fonction de la taille des exploitations, le rapport recommande une «aide au revenu beaucoup plus ciblée» vers les agriculteurs «qui en ont le plus besoin» afin «d’empêcher l’abandon des exploitations» et leur permettre de «disposer d’un revenu décent». ceux qui en ont le plus besoin sont «en particulier les petites exploitations et les exploitations mixtes, les jeunes agriculteurs, les nouveaux entrants et les agriculteurs installés dans les zones soumises à des contraintes naturelles», peut-on lire dans le résumé du rapport.
Le document recommande aussi de faire gonfler considérablement le soutien financier aux actions en faveur de l’environnement et du climat, et de se baser sur «des résultats quantifiables à l’aide d’indicateurs solides».
«Un Fonds temporaire pour une transition juste devrait être mis sur pied en dehors de la PAC pour compléter le soutien à la transition rapide du secteur vers la durabilité».
L’ONG environnementale Greenpeace a apporté son soutien à ce rapport, jugeant le fonctionnement actuel de la PAC «stupide» car trop favorable aux «fermes-usines».
Le document va au-delà de l’examen du fonctionnement de la PAC, proposant aussi de veiller à une «plus grande cohérence» entre la politique commerciale de l’UE et sa politique de durabilité. Ces dernières années, les grands accords commerciaux à l’international ont systématiquement fait l’objet de virulentes critiques, accusés d’autoriser l’entrée dans l’Union de produits ne respectant pas les mêmes normes. «La Commission européenne doit mieux reconnaître l’importance stratégique de l’agriculture et des produits alimentaires dans les négociations commerciales, entreprendre un réexamen complet de ses stratégies de négociation et revoir sa méthode d’analyse d’impact avant les négociations commerciales», estiment les acteurs du dialogue stratégique.
Face à la grogne des agriculteurs, les instances européennes avaient rogné en début d’année sur une partie des ambitions du pacte vert, le Green Deal.