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«Dans mon garage, je possède des outils que vous ne trouverez nulle part ailleurs!»

Entrer dans le garage de Jean Resteigne, c’est réaliser un bond dans le passé. À 77 ans, cet habitant de Pessoux (Ciney) est un vrai collectionneur. Son domaine de prédilection ? Les vieux outils. Et il en possède de toutes sortes : agricoles, militaires, des plus classiques, tels que des pinces de différentes tailles, en passant par les plus rares, comme une fagotière. Chez lui, pas moins de 1.500 pièces sont ainsi exposées « même davantage, mais j’ai arrêté de compter ». Rencontre avec ce passionné.

Temps de lecture : 4 min

La porte de son garage ouverte, Jean Resteigne nous attend de pied ferme pour nous faire découvrir sa collection. Une véritable caverne d’Ali Baba où sont exposées des dizaines et des dizaines de pièces. Difficile de savoir où donner de la tête. Heureusement, leur propriétaire les connaît sur le bout des doigts. Chacune a une histoire bien particulière et des fonctionnalités parfois surprenantes, à l’instar d’un outil utilisé pour tenir la queue des vaches pendant la traite, ou d’une vieille machine manipulée par les couvreurs pour faire des trous dans les tuiles. « C’est en regardant un reportage sur France 3 que j’ai compris à quoi elle servait », nous confie-t-il.

Cet ustensile était utilisé à l’époque pour tenir la queue des vaches pendant la traite.
Cet ustensile était utilisé à l’époque pour tenir la queue des vaches pendant la traite. - D.T.

Une paire de sabots portée par un Allemand durant la Seconde Guerre mondiale

Ce collectionneur doit parfois mener l’enquête pour en savoir plus sur ses trouvailles. Heureusement, il peut compter sur la mémoire de certaines personnes pour lui prêter main-forte. D’ailleurs, il nous montre la photo d’un vieux monsieur. Aujourd’hui décédé, ce dernier l’avait particulièrement ému et lui avait expliqué à quoi servaient de vieux clous. Il s’agissait, en réalité, de crampons pour chevaux. Même si les cavaliers les utilisent encore pour éviter que leur monture ne glisse sur certains terrains, ceux-ci ont une véritable histoire puisqu’ils ont été utilisés durant la Seconde Guerre mondiale.

« J’ai aussi la clé pour les ajuster aux fers. Vous savez, certains outils exposés chez moi ont plus de 200 ans. Il y en a certains que vous ne verrez qu’ici », ajoute-t-il, avec fierté.

C’est par exemple le cas d’un vilebrequin en bois, ou de sabots pas tout à fait comme les autres… « J’ai une paire portée par un Allemand durant la Guerre 40-45 ».

Le souvenir de son père…

Pour savoir d’où lui vient cette passion, il nous faut, nous aussi, remonter l’histoire. Son papa était un bricoleur et partageait ce loisir avec son fils. « Il travaillait comme signaleur pour les chemins de fer… Parfois, j’allais dans la cabine de la gare avec lui. À côté de ce métier, papa faisait un peu de tout avec ses outils. Il a fabriqué une charrette, une herse, je possède même une de ses scies, conservée en souvenir », se remémore-t-il nostalgique, avant d’ajouter : « Je dois tenir ça de lui… ». Ancien chauffeur poids lourd, Jean a perpétué l’amour de son papa pour ces pièces rares.

Un partage de connaissances

Depuis 40 ans, donc, il déniche des accessoires uniques en leur genre. Pour ce faire, il se rend à diverses brocantes et réalise de belles rencontres puisque certaines personnes décident de lui léguer leurs vieux outils plutôt que de les jeter. Une manière de leur donner une seconde vie… C’est notamment le cas d’anciens semoirs, installés à l’extérieur, juste à côté d’une fagotière utilisée à l’époque pour lier les fagots. Dessus, se trouve un petit écriteau « Ne pas toucher ». En effet, le Pessoussois n’hésite pas à parler de son hobby lorsqu’il est convié à participer à des expositions, comme lors d’un événement consacré à la vie paysanne. « Cela demande beaucoup de travail. Puis, il y a des gens qui viennent directement chez moi pour voir ma collection ». De véritables moments de partage recueillis dans un cahier dans lequel ces visiteurs lui écrivent un petit mot d’encouragement ou de remerciement.

Un trésor dans son garage

Par ailleurs, même s’il est retraité, Jean reste bien occupé. Il n’hésite jamais à donner un coup de pouce… ou à prêter ses affaires. « Je n’arrête pas de bricoler. Et comme j’ai la main à peu près à tout, j’aide souvent ceux qui en ont besoin. Il y en a aussi qui viennent me voir pour que je les dépanne avec un outil ».

De plus, il entretient avec soin sa collection pour éviter que certaines pièces ne rouillent. Une vigilance indispensable s’il veut les garder en excellent état. « Lors d’une exposition à Saint-Ode, un monsieur voulait me payer 50 € pour une pince. J’ai refusé. L’après-midi, il m’en offrait 30 de plus. J’ai encore dit non ». La particularité de cette fameuse pince ? Sa gravure démontre son origine américaine. « Il s’agissait d’un collectionneur d’outils des USA. Il voulait l’acheter 80 € alors qu’à la brocante de Beauraing, j’en ai trouvé une similaire à seulement 1 €… ».

Pas de doute, l’œil expert de Jean a le chic pour repérer les bonnes affaires, et les pièces inédites qu’il conserve chez lui comme un précieux trésor. « Certains me disent que dans mon garage, j’en ai pour une petite fortune ». Pourtant, il y a fort à parier que pour rien au monde Jean ne serait prêt à s’en séparer !

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