Ces jeunes qui prennent la relève en agriculture
En Wallonie, plus d’un tiers des exploitations sont aux mains d’agriculteurs de plus de 57 ans, susceptibles de remettre leurs exploitations dans les dix prochaines années. La question du renouvellement des générations en agriculture est donc cruciale pour garantir une production alimentaire locale et le maintien des exploitations familiales.

Avec le soutien du plan de relance, un observatoire des jeunes agriculteurs a été mis en place dans le but de dresser une photographie annuelle de leur situation et d’en suivre l’évolution.
Qui sont les jeunes agriculteurs ?
En 2023, on dénombre 2.739 jeunes (de moins de 41 ans) travailleurs actifs en agriculture en Wallonie. Ils sont âgés en moyenne de 33 ans et se sont installés à 26 ans. 79 % d’entre eux exercent leur activité à titre principal.
La majorité des jeunes sont des hommes (81 %). Parmi les 70 % de jeunes ayant renseigné leur formation à l’Organisme Payeur de Wallonie, 98 % indiquent avoir suivi une formation à orientation agronomique ou horticole. Ils ont, dans 41 % des cas, un diplôme secondaire ; un tiers a suivi une formation postscolaire (ex-cours B), le reste (23 %) a suivi une formation de type supérieur.
Les femmes représentent 19 % de l’ensemble des jeunes agriculteurs. Elles s’installent en moyenne 3 ans plus tard que les hommes. Cela s’explique sans doute par plusieurs facteurs : le besoin de garantir un revenu fixe au sein du ménage par un travail à l’extérieur, une tendance culturelle à transmettre l’exploitation au fils plutôt qu’à la fille, une volonté d’émancipation via le travail à l’extérieur de l’exploitation agricole… Les femmes suivent plus des formations de type supérieur mais également de formation post scolaire (ex-cours B) que leurs homologues masculins. Une part moins importante (65 %) de femmes travaille à temps plein sur l’exploitation. Seulement 5 % des jeunes femmes ont opté pour le statut de conjointe-aidante, ce qui est nettement moins que leurs aînées, où elles sont 23 % à avoir opté pour ce statut.
La présence des jeunes dans les exploitations agricoles et horticoles
En 2023, il y a un total de 2.492 exploitations impliquant au moins un jeune, ce qui représente un cinquième de l’ensemble des exploitations wallonnes. La transmission des exploitations peut se faire soit entièrement soit partiellement, raison pour laquelle on retrouve dans 51 % des exploitations « jeunes », des associations d’agriculteurs. Elles sont généralement avec des personnes plus âgées puisque seulement 5 % des exploitations occupant un jeune sont des associations de jeunes agriculteurs (Fig.1)
Profil des exploitations occupant un jeune
Les exploitations disposant de jeunes, exploitent une plus grande surface que l’ensemble des exploitations wallonnes puisqu’elles exploitent en moyenne 75,5 hectares (25,4 % de la SAU totale). 63 % de ces exploitations détiennent au moins 10 bovins pour un effectif moyen de210 bovins.
Au niveau géographique, c’est en toute logique dans la province du Hainaut que l’on retrouve le plus d’exploitations occupant des jeunes puisque c’est également la province qui compte le plus d’exploitations agricoles. Si on regarde la part relative de ces exploitations, la région jurassique se démarque avec 42 % des exploitations où l’on retrouve un jeune agriculteur.
De nombreux jeunes au sein d’exploitations de bovins laitiers
En 2023, ce sont surtout des exploitations bovines spécialisées qui prédominent (48 %), ce qui est similaire à la situation wallonne. Par rapport à l’ensemble des exploitations wallonnes, il y a une part moins importante d’exploitations spécialisées en bovins viandeux (-5 %), au profit d’exploitations spécialisées en bovins laitiers (+6 %) et des exploitations combinant bovins laitiers et viandeux (+3 %). La spécialisation en grandes cultures concerne une exploitation occupant des jeunes sur quatre.
Si on observe la part des jeunes par secteur d’activités agricoles, les exploitations occupant un jeune restent minoritaires. Elles représentent seulement 17 % des exploitations spécialisées en grandes cultures et 19 % des exploitations spécialisées en bovins viandeux. A contrario, ce pourcentage est plus important dans l’orientation technico-économique (Ote) consacrée à l’horticulture, où les exploitations « jeunes » représentent 33 % du total.
Il est important de souligner que l’horticulture ne représente qu’une petite part des exploitations agricoles wallonnes. En nombre absolu, il y a donc plus de jeunes dans l’Ote « Grandes cultures » que dans l’Ote « Horticulture ». À noter également, une part importante d’exploitations occupant des jeunes se retrouve dans les exploitations spécialisées en bovins laitiers (30 %) et dans la catégorie « autres secteurs ».
Les exploitations occupant un jeune et combinant bovins laitiers et viandeux sont celles ayant le plus grand cheptel. L’association de plusieurs agriculteurs est plus répandue en élevage spécialisé bovins laitiers et combinant bovins laitiers et viandeux. Elle s’observe dans près de 70 % de ces exploitations professionnelles.
Évolutions notables, stabilité globale
Les jeunes agriculteurs sont donc bien actifs dans les exploitations en Wallonie. Ils sont largement formés. On observe toujours cette tendance à l’agrandissement des exploitations et une part importante d’associations d’agriculteurs.
Le secteur de l’élevage, qui demande une main-d’œuvre plus importante, reste majoritaire dans le paysage wallon mais avec une part plus importante du secteur bovin laitier au détriment du secteur bovin viandeux. Le développement d’autres productions : volailles, ovins caprins, horticulture… a aussi une belle carte à jouer pour le développement de ses exploitations.
Spw