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Parlement européen : session de rattrapage pour Oliver Varhelyi

Critiqué pour ses positions conservatrices, le commissaire désigné à la Santé et au Bien-être animal, Oliver Varhelyi, va devoir passer par une séance de rattrapage à l’écrit avant d’espérer obtenir la validation du parlement européen.

Temps de lecture : 4 min

C’était prévu, son nom étant le plus contesté de la liste des commissaires désignés pour siéger au sein de prochain exécutif bruxellois, le Parlement européen n’a pas validé la nomination du Hongrois Oliver Varhelyi, qui brigue le portefeuille de la Santé et du Bien-être animal.

Lors de son audition dans la soirée du 6 novembre à Bruxelles, il a surtout été attaqué pour son appartenance au parti conservateur Fidezs du président Victor Orban – qui siège au sein du groupe d’extrême droite les Patriotes – en particulier pour ses positions conservatrices concernant le droit à l’avortement et le respect des droits des minorités sexuelles et de genre. Deux sujets qu’il aura à traiter dans le cadre de sa fonction.

Sur le volet de la sécurité alimentaire et du bien-être animal, il s’est montré relativement précis dans ces réponses, mettant bien souvent en avant la nécessité de préserver la compétitivité des agriculteurs. « Je veux m’assurer que nos normes en matière de sécurité alimentaire et de bien-être animal continuent d’être les plus élevées au monde. Mais j’ai également l’intention de veiller à ce que nos agriculteurs puissent continuer à nous fournir de la nourriture et à être compétitifs sur un pied d’égalité », a-t-il indiqué dans ses propos liminaires.

« Avec ceux qui devront le mettre en œuvre »

Sur la législation encadrant le bien-être animal à la ferme, dont la révision a été reportée lors de la précédente mandature, il s’engage à consacrer la première année de son mandat «   à un dialogue inclusif avec toutes les parties prenantes, et notamment les agriculteurs » pour lesquels il faudra « trouver des solutions viables ». Invité, par l’eurodéputée verte Tilly Metz (qui avait présidé la commission d’enquête sur le transport animal), à préciser ses priorités en la matière, Olivér Várhelyi a indiqué que « dès le premier jour de son mandat » il discutera « avec tout le monde pour examiner comment nous pouvons mettre fin à l’utilisation des cages […] avec ceux qui devront le mettre en œuvre, c’est-à-dire avec nos agriculteurs ». Deuxièmement, il veut faire adopter rapidement les propositions législatives déjà sur la table sur le transport des animaux. Mais il a surtout beaucoup insisté sur la nécessité de faire respecter les règles actuelles de manière uniformes.

Le commissaire désigné compte adopter une approche similaire pour ce qui est de la législation sur les pesticides. Sa priorité n’est pas de fixer de nouveaux objectifs contraignants mais d’améliorer la disponibilité d’alternatives afin de ne pas affaiblir la boîte à outils des agriculteurs.

Même son de cloche sur les antibiotiques : « Je pense que nos agriculteurs font un travail formidable pour réduire leur utilisation. Et même si le niveau de réduction n’est pas le même partout en Europe, je veux les aider agriculteurs à atteindre leurs objectifs.   »

NGT et viande cellulaire : laisser la liberté aux États membres

Sur les nouvelles techniques de sélection génomique (NGT) – en cours de négociation – et la viande cellulaire, il se montre très prudent, adoptant une position proche de celle que le gouvernement hongrois tente d’imposer ces derniers mois à la présidence du conseil de l’UE. « Nous avons déjà une solution pour les NGT, estime Olivér Várhelyi, celle que nous appliquons déjà pour les OGM : la possibilité d’en interdire la culture au niveau national. ».

Il se dit aussi favorable d’interdire la brevetabilité des variétés NGT comme le souhaite le Parlement européen. Sur la viande cellulaire, autre sujet très sensible ces derniers mois à Bruxelles, il se dit convaincu « que nous ne pouvons pas nous dérober au débat éthique sur ce sujet. Et il ne s’agira pas uniquement d’un débat scientifique. Dans certaines parties de l’Europe, il existe de très grandes réserves sur ce dossier ». La solution serait, selon lui, là encore de laisser aux États membres la liberté d’y avoir recours ou non.

Mais avant de pouvoir mettre en œuvre ces engagements, Olivér Várhelyi va devoir convaincre les eurodéputés qui pourraient, s’ils ne sont pas satisfaits par ses réponses écrites, leur convoquer pour une nouvelle audition.

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