L’interculture diversifiée, un outil agronomique au service de la nature

Christophe Jolly, tout comme de nombreux agriculteurs engagés, réalise des aménagements à la fois innovants et bénéfiques pour l’environnement, alliant pratiques agronomiques et respect de la faune. Sur son exploitation, à Ittre, il expérimente différentes techniques comme l’agroforesterie, les parcelles MAEC, des intercultures diversifiées, des jachères mellifères et des haies. Ce sont autant de pratiques qui, en plus de protéger ses terres, offrent de véritables refuges pour la faune locale.
Depuis cinq ans, Christophe a décidé de transformer ses pratiques culturales afin de nourrir et revitaliser ses sols tout en soutenant la biodiversité. Un de ses leviers clés est la mise en place d’intercultures, non seulement bénéfiques pour la structure du sol, mais également pour la faune environnante.
Il s’appuie sur deux grands principes. D’une part, couvrir le sol aussi longtemps que possible, en semant tôt et en laissant les intercultures en place jusqu’aux semis de printemps. D’autre part, miser sur la diversité. De ce fait, il choisit des mélanges variés aux systèmes racinaires complémentaires pour renforcer la structure du sol et diversifier les mélanges semés au sein de l’exploitation.
Ces deux principes permettent de décompacter et restructurer le sol, d’y apporter du carbone et de limiter l’érosion ainsi que le développement des adventices. « Un sol sans plante vivante ne maintient pas la vie ! », affirme-t-il.
Des bénéfices pour la vie du sol et la faune sauvage
Les résultats sont évidents. Les sols s’enrichissent en mycélium et vers de terre, tandis que la faune locale – lièvres, faisans, chevreuils, oiseaux – retrouve un écosystème favorable. Les intercultures constituent des refuges et des ressources alimentaires cruciales, surtout durant l’automne et l’hiver. En plus de protéger le sol, elles fournissent des jeunes pousses, des fleurs, des graines et attirent des insectes, source essentielle de nourriture pour la faune des plaines agricoles.
Cette année, Christophe a opté pour un mélange d’avoine rude, vesce, trèfle d’Alexandrie, nyger, phacélie, trèfle de perse et tournesol après ses céréales. Ce couvert semé avant le 30 juillet restera en place jusqu’aux cultures de printemps, procurant ainsi un refuge pour la faune pendant les mois les plus froids.
Briser les idées reçues sur les intercultures
C’est un des objectifs que s’est fixés l’agriculteur. Ainsi, lorsqu’on lui dit « Si je laisse mon interculture en place trop longtemps, elle montera en graines et je ne pourrai plus la gérer », il conseille : « Il suffit de choisir le bon mélange en fonction de la date de semis. Un couvert gélif, par exemple, est idéal si le semis est précoce ».
À l’affirmation « Laisser l’interculture jusqu’en février rendra mon sol trop humide pour les semis de printemps », Christophe précise : « Avec des mélanges bien pensés, les systèmes racinaires complémentaires restructurent le sol et facilitent les échanges d’eau. La parcelle sera prête presqu’aussi vite qu’une terre labourée, avec seulement trois jours de décalage ».
Des conseils utiles à tous !