Ursula von der Leyen se rend au sommet du Mercosur, «un accord est en vue»
La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a annoncé jeudi avoir atterri en Amérique latine, avec en vue l’aboutissement de l’accord de libre-échange controversé avec les pays du Mercosur.

« Atterrissage en Amérique Latine. La ligne d’arrivée de l’accord UE-Mercosur est en vue. Au travail, franchissons le pas. Nous avons l’opportunité de créer un marché de 700 millions de personnes. Le plus grand partenariat commercial et d’investissement que le monde ait jamais connu. Les deux régions en bénéficieront », a-t-elle écrit sur le réseau X.
Cet accord de libre-échange entre les 27 et quatre des cinq pays du Mercosur (Brésil, Argentine, Paraguay et Uruguay) est en discussion depuis plus de 20 ans.
Réclamé par une majorité du monde patronal, il est bien plus large que le seul secteur agricole, mais c’est sur ce volet que se focalise l’opposition. Une signature du traité par la Commission européenne est possible dès cette semaine, au sommet du Mercosur qui débute ce jeudi à Montevideo (Uruguay).
Poussée par ses agriculteurs, la France cherche à constituer une minorité de blocage au Conseil de l’UE (quatre pays représentant plus de 35 % de la population de l’UE). Des pays comme l’Allemagne ou l’Espagne veulent aboutir, mais Paris espère pouvoir compter sur la Pologne, voire l’Italie, l’Autriche ou les Pays-Bas.
En Belgique, les partis flamands les plus favorables au libre-échange, emmenés par la N-VA, y voient une opportunité, entre autres, pour le port d’Anvers et les exportations. Les partis francophones s’y opposent en l’état, dénonçant une concurrence déloyale si les produits agricoles du Mercosur ne sont pas soumis aux mêmes normes (phyto-)sanitaires, environnementales et sociales (clauses miroirs).
Ce jeudi, l’opposition agricole au traité avec le Mercosur se traduisait encore par des manifestations d’agriculteurs wallons sur différents axes routiers, à proximité de frontières avec la France et l’Allemagne.
Une signature qui n’est pas synonyme d’aboutissement
La signature du traité par la Commission ne signifierait pas l’aboutissement de la procédure. Le texte devra encore passer le cap du Conseil de l’UE (États membres) et du Parlement européen, voire des parlements nationaux si la Commission en décide ainsi. Le traité rencontre aussi des oppositions en Amérique du Sud.
Sur le fond, l’accord permettrait à l’UE, déjà premier partenaire commercial du Mercosur, d’exporter plus facilement ses voitures, machines et produits pharmaceutiques. De l’autre côté, il permettrait aux pays sud-américains concernés d’écouler plus facilement vers l’Europe de la viande, du sucre, du riz, du miel, du soja…
En Europe, les partisans de l’accord soulignent le besoin de débouchés pour les exportateurs et la nécessité de ne pas laisser le champ libre à la Chine, rival avec qui les relations commerciales se sont considérablement tendues. Une nécessité d’autant plus pressante avec le retour à la Maison-Blanche de Donald Trump, qui menace d’imposer des droits de douane sur des produits européens.
Mais de nombreuses ONG et militants de gauche estiment que la création de cette vaste zone de libre-échange accélérerait la déforestation en Amazonie et aggraverait la crise climatique en augmentant les émissions de gaz à effet de serre. Greenpeace dénonce un texte « désastreux » pour l’environnement, sacrifié pour privilégier « les profits des entreprises ».