Mercosur : la commission tente de faire avaler la pilule au parlement
Le service après-vente de l’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur se poursuit au parlement européen. Accompagné de Christophe Hansen, Maros Sefcovic, commissaire au Commerce international, a tenté de rassurer les eurodéputés de la commission de l’Agriculture, sans grand succès. Les interrogations des parlementaires demeurent.

Maros Sefcovic a souligné l’importance de travailler de concert avec la communauté agricole « pour que l’agriculture européenne reste une superpuissance exportatrice ».
Création de 12.000 emplois
Il a ajouté avoir écouté les préoccupations des députés lorsqu’il a évoqué les contingents tarifaires « calibrés » pour les produits sensibles et les nouveaux éléments en matière de durabilité.
De son côté, le commissaire Hansen a davantage évoqué les opportunités pour l’agriculture, à la fois pour le vin, les spiritueux, les fromages mais également pour les importations de soja et d’oléagineux. « Nous avons besoin d’une diversité de marchés pour être moins dépendant des autres », a-t-il justifié. Au-delà des bénéfices pour les filières, le Luxembourgeois a également évoqué la création de « 12.000 emplois dans l’agriculture mais aussi dans le traitement et le transport
Les questions ont été nombreuses, notamment sur le fonds de compensation d’un milliard € promis en dernier recours en cas de perturbation des marchés agricoles. Sans forcément obtenir de réponse ferme de la part des deux commissaires. Autre inquiétude : la réciprocité des normes de production, notamment dans le domaine sanitaire et phytosanitaire, et les contrôles. Sur ce point, en plus d’affirmer que «
« On se moque du monde »
Le manque de cohérence entre les politiques européennes a été pointé du doigt à plusieurs reprises. « Dire que nous allons tenir les objectifs du Pacte Vert, en promettant de simplifier nos règles, tout en maintenant les revenus des agriculteurs est une idée aussi farfelue que de brandir l’étendard de la compétitivité de nos exploitations en ouvrant grand les portes de notre marché à deux super puissances agricoles comme le Brésil et l’Ukraine. C’est franchement se moquer du monde » s’est insurgé Benoît Cassart à la suite de la réunion avec les commissaires.
L’eurodéputé wallon a souligné l’incohérence, entre d’une part la mise en place d’un règlement pour lutter contre la déforestation importée, qui pour être compatible avec les règles de l’OMC a été étendu aux agriculteurs et aux entreprises européennes, et d’autre part, la signature de l’accord avec les pays du Mercosur qui engendrera l’exploitation d’un million d’hectares supplémentaires précipitant d’autant la déforestation.