Un vote laisse entrevoir une majorité au Parlement européen contre l'accord UE-Mercosur
Le vote cette semaine au Parlement européen d'un amendement dénonçant les risques phytosanitaires de denrées provenant des pays du Mercosur a laissé entrevoir l'existence d'une majorité potentielle d'eurodéputés contre ce grand accord commercial.

Cet amendement, issu de La Gauche (extrême gauche), affirme que l'accord, s'il devait être confirmé, encouragera l'importation dans l'Union de denrées alimentaires contenant des OGM et des pesticides interdits dans l'UE. La Commission le réfute, répétant que les produits entrant dans l'UE doivent déjà respecter ses règles (phyto-)sanitaires élevées.
L'amendement a été adopté mercredi par 293 voix contre 250 et 107 abstentions. Un débat parlementaire avait lieu ce jeudi matin, réclamé de longue date par les opposants, dont l'eurodéputée Ecolo Saskia Bricmont, porte-voix du groupe Verts/ALE sur ce dossier. Dans les partis de la coalition qui soutient la Commission Von der Leyen, le PPE (chrétiens-démocrates) et Renew (libéraux et centristes) ont voté contre cet amendement, à quelques exceptions près comme l'élu Engagés Yvan Verougstraete, qui l'a soutenu. Tandis que le S&D (socialistes) s'abstenait, à l'exception de quelques soutiens dont la PS Estelle Ceulemans (Elio Di Rupo était absent). Kathleen Van Brempt (Vooruit, S&D) a traduit la difficulté de son groupe, disposé à se montrer «loyal» à la majorité, mais soucieux de s'assurer au cours des mois à venir qu'il n'y aura pas d'impact négatif sur les agriculteurs, les travailleurs et l'environnement. La déforestation reste "problématique", a-t-elle souligné.
L'accord pourrait être soumis aux États membres d'ici quelques mois. Au Conseil, la Belgique continuera de s'abstenir, même si la N-VA y est favorable et que l'Arizona soutient la Commission dans son idée d'un fonds de compensation pour les agriculteurs, en cas de distorsion de marché soudaine. L'eurodéputé MR Benoît Cassart s'est assuré de cette abstention belge, a-t-il dit à Belga. La France cherche toujours à réunir une minorité de blocage au Conseil. Le positionnement de l'Italie de Giorgia Meloni est observé.
À ce stade, les garanties sont toujours insuffisantes, a dit jeudi l'eurodéputé Carlo Fidanza (ECR, Fratelli d'Italia, post-fasciste). La majorité qui a voté l'amendement de La Gauche va de l'extrême gauche à l'extrême droite. Ce qui, au PPE, fait ricaner. Accusé d'avoir eux-mêmes fait alliance avec l'extrême droite sur certains votes ces derniers mois, le premier parti de l'hémicycle dit qu'une telle indignation est à géométrie variable.