Colza d’hiver : boutons floraux et méligèthes à surveiller de près!
Les températures très douces pour la saison, avec notamment un vent du Sud, et l’ensoleillement généreux de la semaine dernière ont favorisé le développement rapide de la culture de colza d’hiver. L’allongement de la tige principale s’accompagne du développement des boutons floraux déjà bien visibles ou encore cachés par les feuilles. Quelques champs, moins bien implantés à l’automne, sont plus tardifs et plus hétérogènes. Voici la situation de ce mardi 25 mars.

Les plantes de colza d’hiver « pièges à méligèthes », plus précoces à la floraison (variétés Es Alicia, (Dk) Exavance, Atrakt et (Lid) Treto), dont les semences ont été ajoutées lors du semis de l’automne dernier à raison de 3-4 graines/m², se développent plus rapidement que la variété principale et attirent les méligèthes dans les fleurs déjà ouvertes. La couleur jaune du piège et des fleurs de colza attire les insectes.
La reprise d’activité
Les vols d’insectes ont également redémarré. Les relevés des bassins jaunes de ce lundi 24 mars indiquent l’arrivée des méligèthes dans 17 champs sur 21 suivis dans le cadre du réseau d’observations hebdomadaires (de 1 à 85 adultes piégés en une semaine). Plus discret, le charançon de la tige du colza a été piégé dans 8 champs (de 1 à 4 adultes par bassin) ; le charançon de la tige du chou a été piégé dans 14 champs (de 1 à 6 adultes en général, 28 adultes dans un seul bassin).
Observation sur pieds et seuil d’intervention
En plus des relevés hebdomadaires d’insectes dans les pièges, les observations des insectes sur les plantes de colza d’hiver, ce lundi avec des températures plus fraîches, mentionnent qu’aucun méligèthe n’était présent dans les inflorescences, dans 9 champs. Dans 11 autres terres, le nombre total, présents sur 40 plantes était inférieur aux seuils de traitement (de 1 à 56 adultes pour 40 plantes). Plusieurs plantes de colza d’hiver ne portaient aucun méligèthe.
Les seuils d’intervention varient en fonction du nombre moyen de méligèthes par plante, du stade de développement de la culture mais également de la vigueur des plantes (tableau 1).
Le charançon de la tige du colza, plus difficile à trouver dans les plantes, n’a été repéré que dans un seul champ du réseau.
Les stades actuels du colza d’hiver, avec la présence de petits boutons floraux sensibles aux attaques de méligèthes, sont à surveiller jusqu’à la floraison.
Les produits autorisés en Belgique en 2025 contre les charançons de la tige et contre les méligèthes se trouvent sur le site du Cepicop, sous l’onglet Oléagineux.
Le danger des méligèthes
Les méligèthes recherchent du pollen pour se nourrir et en trouvent sur les étamines des fleurs ouvertes ou perforent les boutons floraux encore fermés. Plus les boutons floraux sont petits, plus le risque est grand de toucher le centre (pistil) et de provoquer un avortement : dessèchement du bouton floral et absence de silique à cet endroit (fruit contenant les futures graines de colza).
Lorsque les températures vont augmenter et avec le retour du soleil, les vols d’insectes seront surveillés de près. Un traitement n’est envisagé que lorsqu’il y a suffisamment d’insectes dans la culture, en observant 40 plantes et en se référant aux seuils d’intervention. Il n’y a pas d’effet préventif en l’absence d’insectes.
Cepicop