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Mercosur: les négociations sont finalisées!

Après 25 ans de négociations, l’UE et les pays du Mercosur (Argentine, Brésil, Paraguay et Uruguay) ont officiellement annoncé ce 6 décembre à Montevideo (Uruguay), avoir finalisé leurs discussions en vue d’un accord de libre-échange.

Temps de lecture : 3 min

« Aujourd’hui, une étape historique est franchie », a déclaré la présidente de la commission européenne, Ursula von der Leyen. Et d’ajouter qu’il s’agit d’un « accord gagnant pour l’Europe ».

Au niveau agricole, elle affirme que les préoccupations du secteur ont été entendues et que l’UE a agi en ce sens. À ce titre, elle précise que l’accord contient « des garanties solides » et que les normes de sécurité alimentaire et de santé demeurent inchangées. Après une phase de vérification juridique, le texte sera traduit dans toutes les langues officielles de l’UE.

« La présidente de la commission vit sur une autre planète »

Les réactions ont immédiatement fusé à l’annonce de la signature de l’accord. L’eurodéputée Saskia Bricmont a réagi en taclant la présidente de la commission qui a scellé « au côté du président argentin d’extrême droite, Javier Milei, l’accord qui ne répond ni aux besoins des Européens ni à ceux des citoyens des pays du Mercosur ».

L’écologiste a dénoncé « un passage en force, qui, une fois de plus, profitera à une minorité d’acteurs issus de l’agro-business, des industries automobile et chimique ». Et d’ajouter que « manifestement, les préoccupations exprimées par le monde agricole européen, la création d’emplois, la protection des droits sociaux, de la santé ou encore des forêts dans les pays du Mercosur ne sont pas prioritaires pour la présidente de la commission européenne. Celle-ci semble avant tout s’intéresser aux débouchés potentiels pour des industries qui, pendant longtemps, ont préféré distribuer des dividendes plutôt que d’investir dans la transition écologique ».

Colère et déception aussi chez Benoît Cassart qui rappelle la totale opposition des agriculteurs et des associations de protection de l’environnement et de la santé des consommateurs à la signature de cet accord. « Mais la présidente de la commission semble vivre sur une autre planète », a-t-il commenté avant d’ajouter que « le ton triomphaliste adopté par la présidente von der Leyen est un camouflet. Avec la crise qu’il y a dans les campagnes c’est franchement jouer avec le feu ».

Pour la délégation française du groupe social-démocrate au parlement, « les problèmes posés par l’accord ne seront en rien résolus : les quotas additionnels d’importation à droits réduits ou nuls exerceraient une pression supplémentaire sur les prix de produits sensibles comme le bœuf, la volaille ou le sucre – on pense en particulier à la filière canne à sucre des Outre-mer ».

Et d’ajouter que « l’écart entre les normes de production des deux blocs favorise l’agriculture sud-américaine. L’accord intensifierait la déforestation. Il viendrait couronner un système favorisant les grandes exploitations agricoles et l’accaparement des terres, au détriment des petits producteurs et des peuples autochtones. Les clauses visant à promouvoir les droits de l’homme, les droits sociaux et la préservation de l’environnement, elles, demeureraient non contraignantes ».

Nous reviendrons plus largement sur cet événement dans notre édition du 12 décembre.

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