Lever les craintes

C’est un véritable contre-la-montre qui se joue actuellement dans les étables bovines et ovines du pays… Face à la propagation des sérotypes 3 et 8 de la fièvre catarrhale ovine, d’une part, et de la maladie hémorragique épizootique, d’autre part, la campagne de vaccination obligatoire décrétée fin 2024 par les autorités fédérales a, en effet, débuté. Et s’accompagne de plusieurs défis.
Premièrement, respecter le schéma vaccinal préconisé en vue d’assurer la protection maximale des troupeaux. En effet, l’immunité complète des animaux n’est acquise qu’une vingtaine à une trentaine de jours, selon les espèces, après la dernière injection (vaccin en une ou deux injection(s), en fonction des produits).
Ensuite, le texte voté à la Chambre des représentants prévoit une vaccination d’ici le 1er juillet de tous les bovins et ovins nés avant le 31 décembre 2024. Il sera donc indispensable de s’y conformer ; les stocks de vaccins étant suffisant.
Enfin, il convient de rassurer les éleveurs. En effet, si les deux maladies sont lourdes de conséquences en cas de non vaccination (mort, avortement, chute de la production laitière…), des craintes subsistent quant aux potentiels effets secondaires que pourraient causer les vaccins. Une situation parfaitement logique, considérant que leur mise sur le marché est assez récente et que l’on ne dispose, par conséquent, que peu de recul sur ceux-ci. Coupler ou non les vaccins contre la FCO 3 et 8, éventuels impacts sur la reproduction, mise bas prématurées… sont quelques sujets qui inquiètent et auxquels des réponses doivent être apportées.
En ce début d’année, le travail des vétérinaires ne manque pas, d’autant que certaines fermes sont en pleine période de vêlages. Voilà qu’ils doivent cependant ajouter une nouvelle corde à leur arc et rassurer les agriculteurs, répondre à leurs interrogations et rappeler l’importance de la vaccination. En situation de doute, il ne s’agit pas d’imposer mais d’expliquer « le pourquoi du comment ». Ceci, en toute transparence vis-à-vis des éleveurs dont l’inquiétude paraît justifiée, a fortiori vu l’ampleur de l’opération.
Toutefois, les professionnels de la santé animale ne sont pas les seuls à devoir endosser ces responsabilités. À l’automne dernier, les autorités elles-mêmes se disaient conscientes du manque d’informations disponibles autour des vaccins, approuvés selon une procédure d’urgence. Elles s’engageaient à les obtenir le plus rapidement possible et à les communiquer aux vétérinaires et aux éleveurs dès qu’elles seraient disponibles. Cette promesse doit maintenant être tenue.
Sans cette transparence et cet accompagnement, nécessaires à l’engagement de toutes et tous, la campagne de vaccination, certes obligatoire, ne pourra être une réussite. Il y va de la protection de nos cheptels, dans l’espoir partagé que la situation vécue ces derniers mois ne soit bientôt plus qu’un très mauvais souvenir.