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Mercosur : des divergences dans les analyses de l’accord

Deux mois après la finalisation des négociations entre l’UE et le Mercosur, le sujet reste encore sensible dans les capitales, notamment à Paris mais aussi, plus récemment, à Vilnius. Alors que s’ouvre la phase de conclusion, le professeur Alan Matthews se veut rassurant quant aux effets de l’accord pour le marché de l’UE de la viande bovine.

Temps de lecture : 3 min

Le texte de l’accord UE/Mercosur entame son processus en vue de sa conclusion. Le sujet des négociations était ainsi, le 9 janvier, à l’ordre du jour d’une réunion des membres suppléants du comité de la politique commerciale, groupe de travail chargé de préparer la signature et la conclusion d’accords commerciaux par le Conseil de l’UE. Mais le dossier reste sensible dans les capitales.

Le président français Emmanuel Macron a réaffirmé son opposition au texte, voulant croire que la « messe n’est pas dite ». Et d’ajouter que Paris « continuera de défendre avec force la cohérence de ses engagements et donc une politique commerciale cohérente ».

Des craintes largement exagérées ?

La France n’est pas isolée sur ce dossier. S’ajoutant aux réticences déjà exprimées par la Pologne, l’Italie ou les Pays-Bas, dans une interview, le nouveau ministre de l’Agriculture lituanien, Ignas Hofmanas, estime que son pays devrait s’opposer à la ratification du traité. « Je ne pense pas que cet accord nous offre une quelconque opportunité », indique-t-il. Et il enfonce le clou : « Notre secteur agricole sera particulièrement touché en ce qui concerne la viande, volaille et bœuf ».

Une thèse à laquelle Alan Matthews, professeur émérite de politique agricole européenne au Trinity College de Dublin (Irlande), n’adhère pas. Dans une note, il considère même que les craintes exprimées, notamment dans la filière bovine, sont « largement exagérées ». Il avance notamment que la mise en œuvre de l’accord n’entraînerait que des conséquences très limitées sur le marché de la viande bovine de l’UE.

Selon son analyse, une grande partie des volumes de viande fraîche inclus dans les contingents viendra simplement remplacer les volumes actuellement importés hors quota. Il évalue les importations supplémentaires à environ 9.400 tonnes équivalent carcasse (tec) par an. Et, ajoute-t-il, « même cette estimation peut surestimer l’impact, étant donné que l’Argentine et l’Uruguay perdront l’accès au quota issu du différend Hormones   ».

De nombreuses controverses circulent

Pour le bœuf congelé, la situation est différente en raison du faible volume des importations hors quotas. Néanmoins, il affirme que «   les pressions concurrentielles sur les agriculteurs de l’UE » seront moindres car ces viandes sont destinées à un usage industriel et ne concernent pas les segments à haute valeur.

Enfin, au niveau des prix du marché, son évaluation montre un recul d’environ 0,5 % après l’entrée en vigueur des dispositions. Une baisse qu’il estime modeste « lorsqu’on la replace dans le contexte de la volatilité normale des prix du bœuf ». Une analyse à l’opposé de celle de la filière européenne. La controverse autour des conséquences potentielles de ce texte n’est donc pas terminée.

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