Importations ukrainiennes : l’inquiétude des eurodéputés
Alors que la commission doit présenter sous peu une proposition de révision des dispositions de l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine, l’inquiétude monte chez les eurodéputés.

Dans une lettre adressée à la présidente von der Leyen, vingt-six parlementaires européens (principalement issus du groupe PPE), sous la houlette du centriste belge Benoît Cassart et de la Française Céline Imart, estiment que « le secteur agroalimentaire ne peut supporter seul le fardeau du soutien économique à l’Ukraine ».
Ils appellent donc Bruxelles à « adopter une approche équilibrée et durable qui réponde aux besoins [du] secteur agricole tout en continuant à soutenir efficacement l’Ukraine
Dans le détail, ces eurodéputés mettent en avant le caractère inadéquat des mesures commerciales autonomes pour l’Ukraine, notamment le mécanisme de « frein d’urgence » automatique.
Débouchés commerciaux compromis pour les agriculteurs
Les signataires soulignent les seuils de déclenchement trop hauts pour le sucre, la volaille et le maïs et regrettent l’absence de protection pour le blé et l’orge. D’une manière générale, ils considèrent que les mesures pour l’Ukraine ont « déstabilisé les prix et compromis les débouchés commerciaux pour de nombreux agriculteurs ».
Les eurodéputés craignent aussi des perturbations supplémentaires pour les marchés agricoles « en allant trop loin dans la libéralisation du commerce avec l’Ukraine ». Dans son communiqué, Benoît Cassart affirme que « la capacité de produire notre alimentation est un pilier essentiel de l’autonomie stratégique de l’UE ». La balle est dans le camp de la commission européenne.