Dossier vols de GPS : «nous gardons espoir de pouvoir faire un ‘flag’»
À Binche, le commissaire Laurent Raspe est d’autant plus touché par les exactions commises dans les exploitations qu’il se sent proche du milieu agricole. Ses équipes redoublent pourtant d’efforts pour mettre hors d’état de nuire les malfaiteurs qui sévissent dans cette partie du Hainaut. Mais il le reconnaît aisément, rien n’est simple. Pour forcer le destin, il a par exemple organisé dans son commissariat une information sur le matériel qui fait l’objet de ces vols très particuliers.

Cela fait deux ans que les policiers de la zone de Binche-Anderlues-Lermes (Lobbes, Estinnes, Erquelines, Merbes-le-Château) sont confrontés à des vagues de vols de GPS agricoles. La première a déferlé l’année dernière en pleine moisson, la seconde durant la campagne d’arrachage de betteraves. Les deux ont touché des entreprises et de petites exploitations dans l’entité d’Estinnes. Le préjudice cumulé des deux épisodes se monte à environ 200.000€.
À la recherche du moindre indice
Appelées sur les lieux, les équipes du commissaire Raspe essaient de travailler le plus efficacement possible en établissant rapidement le constat pour que les victimes puissent immédiatement se tourner vers leur assurance, même s’il leur est très compliqué d’être indemnisées.
« Nous faisons à chaque fois descendre le labo pour rechercher le moindre indice, la plus petite trace à proximité du lieu d’effraction, nous procédons à un relevé d’empreintes, nous réalisons une enquête de voisinage » déroule le commandant.
Les enregistrements de l’éventuelle vidéosurveillance des victimes et les caméras urbaines sont également passés au crible. « Mais cela reste compliqué parce qu’il faut pouvoir identifier clairement ce qui a été volé, donc les numéros de série du matériel, et les agriculteurs ou même les petites sociétés n’ont pas toujours ces informations sous la main » souffle M. Raspe, en ajoutant que, pour ne rien arranger, le matériel est facilement dissimulable.
Des professionnels qui opèrent avec des gants
La voix, le ton du commissaire hennuyer laissent filtrer un certain sentiment d’impuissance, d’autant que ses services n’ont encore jamais pu mettre la main sur l’un de ces malfaiteurs. Pour lui, comme pour de nombreux observateurs, ces vols ne sont pas le fait de quidam, mais de spécialistes qui savent exactement ce qu’ils cherchent.
« Ce sont des professionnels, ils travaillent avec des gants, ne laissent donc pas de traces » déroule-t-il, en précisant qu’ils « visent certaines marques comme John Deere, New Holland, Ropa ».
« Les équipes patrouillent toutes les nuits sur la voie publique, mais nous nous heurtons au fait que les hangars ne sont pas à front de rue, ils sont entourés de grillage et contrairement aux voleurs qui entrent par effraction, nous n’y avons pas accès ».
L’utilité d’une prévention efficace
S’il évoque la notion de prévention, le commandant de police sait qu’il est compliqué, pour les agriculteurs, d’en appliquer tous les principes au quotidien. « Je peux comprendre que c’est lourd en termes de temps et de coût de tout devoir démonter le soir et remonter le matin ».
Il insiste plutôt sur la mise en place aux endroits stratégiques de caméras de qualité capables de filmer de nuit et d’un éclairage. Il leur demande surtout « de ne pas laisser la moindre zone d’ombre dans leur exploitation ».
Pour accroître les chances de retrouver le type de matériel volé, encore faut-il que la police rurale puisse le reconnaître. C’est pour cette raison que le commandant de police a assuré une information à l’attention de ses équipes.