La Croatie va tenter de conclure un accord sur la Pac
La Croatie, qui prend pour la première fois la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne, a la lourde de tâche de tenter de conclure les négociations sur la future politique agricole commune entre les États membres, voire si possible avec le Parlement européen. Une mission qui dépendra fortement de l’avancée des pourparlers sur le cadre financier pluriannuel de l’UE.

L’avancement des discussions sur le paquet de réforme de la politique agricole commune (Pac) sera le sujet central en matière agricole de la présidence croate qui a pris le 1er janvier pour six mois – et pour la première fois depuis son entrée dans l’UE en juin 2013 – le relais de la Finlande à la présidence du Conseil de l’UE. La Finlande, qui a assuré la présidence du Conseil au second semestre de 2019, espérait pouvoir obtenir une approche générale des États membres sur la future Pac. Mais, faute d’accord budgétaire entre les chefs d’État et de gouvernement, elle a dû se contenter de discussions techniques.
Un rapport de progrès de ces pourparlers a été présenté fin décembre et transmis, comme base de négociations, à la Croatie. Celle-ci assure qu’elle portera, dans ce cadre, une attention toute particulière aux « besoins des communautés rurales vulnérables et à la poursuite de la modernisation de l’agriculture et des zones rurales afin d’accroître la compétitivité des agriculteurs et des entreprises ».
De gros dossiers sur le feu
La présidence croate devra aussi finaliser l’adoption rapide du règlement sur les règles transitoires de la Pac, compte tenu du retard pris dans les négociations, afin d’éviter d’éventuelles interruptions de paiements aux agriculteurs. Le premier volet de ces dispositions est sur le point d’être adopté, mais la seconde partie, plus politique, doit encore faire l’objet de discussions pour une adoption prévue d’ici le mois de juin.
Le Green Deal européen et la stratégie de la « fourche à la fourchette », attendue au mois de février, seront également des éléments centraux du mandat de six mois de la Croatie qui espère aussi poursuivre le débat sur l’adoption de la nouvelle stratégie forestière européenne pour l’après 2020.
Comme les présidences précédentes, la Croatie continuera à surveiller la situation des marchés et à informer les délégations sur les développements du commerce international. En ce qui concerne la sécurité alimentaire, les questions vétérinaires et phytosanitaires, Zagreb s’est engagé, alors que 2020 a été décrétée Année internationale de la santé des plantes par les Nations Unies, à « préconiser un niveau égal de protection phytosanitaire au sein de l’UE et des conditions de concurrence équitables pour les producteurs et négociants européens ».
« Condition préalable »
La présidence croate prévient néanmoins qu’« un cadre financier pluriannuel de l’UE ambitieux, équilibré et durable pour la période 2021-2027 est une condition préalable à la réalisation de nos objectifs ». Elle promet donc de s’efforcer à « parvenir à un accord global le plus rapidement possible afin de permettre la mise en œuvre en temps voulu de l’ensemble des politiques et programmes de l’Union ».
Après la Croatie, c’est l’Allemagne qui assurera durant le second semestre de 2020 la présidence tournante du Conseil de l’UE. Selon l’avancée des négociations, Berlin pourrait avoir la tâche de finaliser un accord sur la Pac avec le Parlement européen, voire, si ce n’est pas déjà le cas, au sein du Conseil dans un premier temps.