Stratégie de réduction des émissions de méthane: le parlement veut des objectifs contraignants mais épargne l’agriculture
La commission de l’Environnement du parlement européen a adopté sa position sur la stratégie de réduction des émissions de méthane de l’UE, qui cible principalement le secteur de l’énergie. Mais des efforts sont aussi attendus de l’agriculture malgré les spécificités de ce secteur.

Sans fixer de valeur seuil, la commission de l’Environnement du parlement européen a adopté sa position sur la stratégie de l’UE pour le méthane, réclamant la fixation d’objectifs contraignants de réduction des émissions de ce gaz à effet de serre.
Leur proposition vise principalement les secteurs de l’énergie et de la pétrochimie alors que la Commission prévoit de dévoiler le 14 décembre une initiative législative visant à réduire les émissions de méthane dans le secteur de l’énergie.
L’agriculture (responsable d’environ 50 % des émissions) est, elle aussi, sollicitée même si les eurodéputés demandent un certain nombre de garde-fous : s’assurer de l’absence de déplacement de la production vers l’étranger, tenir compte des spécificités des États membres, soutenir les innovations dont l’efficacité et la rentabilité ont été prouvées.
Le rapport final souligne d’ailleurs que les émissions de gaz à effet de serre de l’agriculture européenne (y compris l’élevage) ont connu une réduction de 22,2 % entre 1990 et 2018 en raison d’une baisse des émissions de méthane de 21 % (fermentation entérique de -22 % et gestion du fumier de -17 %), mais note aussi qu’elles ont connu une légère augmentation au cours des cinq dernières années en raison de l’agrandissement de la taille des troupeaux.
« Les émissions de méthane dans l’agriculture sont principalement dues au nombre d’animaux d’élevage, en particulier les ruminants », ajoute le rapport final qui invite la Commission à élaborer des recommandations et des actions spécifiques pour promouvoir des régimes alimentaires avec une consommation accrue de plantes et d’aliments d’origine végétale et lutter contre la surconsommation de viande et de produits ultra-transformés.
Soutiens par le biais des éco-régimes
De manière plus générale, le Parlement souhaite la création d’un observatoire international indépendant des émissions de méthane chargé de collecter, vérifier et publier les données relatives aux émissions anthropiques de méthane au niveau mondial comme s’y est d’ailleurs engagée la Commission dans le cadre de son initiative récente lancée avec les États-Unis.
Le Copa regrette « qu’une fois de plus le débat se soit concentré sur des objectifs et mesures contraignants comme seule solution ». En ajoutant de nouvelles contraintes, la proposition de la commission de l’Environnement pourrait nuire davantage au bétail de l’UE et menacer la sécurité alimentaire, tout en créant inévitablement des fuites de carbone vers des pays tiers.
Et il déplore que plusieurs questions clés aient été éludées, notamment sur la manière de mesurer les émissions de méthane dans le secteur agricole : « Une surveillance, un rapport public et une vérification obligatoires pour tous les secteurs émetteurs de méthane ne peuvent être soutenus, car la collecte et l’exactitude des données au niveau des exploitations agricoles ou des PME peuvent être complexes et potentiellement injustes. »