Entreprise Lapraille C. – Sudagri à Léglise: s’équiper et déléguer pour organiser au mieux le travail
Il y a une vingtaine d’années, Calmin Lapraille pensait juste « s’occuper après journée » en faisant un peu de commerce de paille ou du terrassement. Aujourd’hui, il est, avec sa compagne Angèle Hainaux, à la tête d’une belle entreprise proposant des services aussi variés que des travaux agricoles du semis à la récolte, du commerce de paille et fourrage, du terrassement ou encore du déneigement.
Au fil du temps, Angèle et Calmin ont investi dans des technologies leur permettant d’être plus efficaces.
Par : Delphine Jaunard
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2004, fils d’agriculteur, Calmin Lapraille avait à peine 24 ans et ne pouvait se résoudre à rester loin de l’activité agricole… En complément de son job, il décide d’acheter un tracteur et un plateau à paille et de louer une benne tp pour proposer ses services « après journée » : « Et tout est allé assez vite. Je me suis davantage équipé. J’ai engagé quelques ouvriers et j’ai eu la chance de bénéficier de beaux chantiers dans la région. J’ai aussi pu collaborer avec des cousins agriculteurs-entrepreneurs, ça m’a bien aidé. Cette collaboration est d’ailleurs toujours d’actualité. L’entreprise agricole et de terrassement est ainsi devenue mon activité à part entière ».
Tous les véhicules sont par exemple équipés de traceurs. - Collection privée
Trois pôles d’actions
Depuis, sa compagne, Angèle, l’a rejoint dans l’aventure et la société a établi ses quartiers à Léglise avec un bureau, des bâtiments de stockage de matériel et matières (paille, fourrage, pierre) ainsi qu’un atelier et une zone couverte de lavage. Ses activités se structurent autour de trois domaines : le commerce de paille et fourrage, l’entreprise agricole et de terrassement (Sudagri) et l’exploitation agricole. L’équipe compte une quinzaine de salariés, plusieurs indépendants et des étudiants, et est active dans un rayon de 100 km autour de Léglise, sur les régions d’Habay, Neufchâteau, Chiny et sur toute la province de Luxembourg mais aussi en France.
Les camions sont actifs sur route comme aux champs. - Collection privée
La force de l’entreprise réside sans nul doute dans la complémentarité de ses activités. « Il est vrai qu’en fonction de la période de l’année ou de la météo, on peut affecter le matériel ou le personnel à l’une ou l’autre tâche. Par exemple, les camions sont utilisés au transport des fourrages mais aussi pour le digestat et le lisier. Ça nous évite de sous-traiter avec un externe pour ce transport. L’exploitation agricole est aussi liée à l’entreprise puisqu’elle fait tourner nos machines ».
La force de l’entreprise réside sans nul doute dans la complémentarité de ses activités. - Collection privée
Lâcher prise et faire confiance
Pour que tout fonctionne pour le mieux, Calmin a aussi appris à lâcher prise et déléguer. « Il y a un temps, j’étais sur l’ensileuse et j’organisais en même temps les journées, tout cela à n’importe quelle heure. J’oubliais certaines choses, j’étais tendu et j’en devenais désagréable avec les clients et mes collaborateurs. Tout cela a été réorganisé. Angèle s’occupe de l’administration générale et du personnel. Je gère le planning et l’administration agricole. À l’atelier, je peux compter sur François qui est de bon conseil et qui a un regard technique et extérieur bénéfique pour l’entreprise. Il y a quelques années, mon frère nous a rejoints pour s’occuper plus particulièrement du négoce de fourrage. Même si j’ai un regard sur tout ce qui se fait, je suis en confiance avec eux et ça nous permet de travailler sereinement. Aujourd’hui, je roule le week-end et/ou en remplacement, j’en suis toujours heureux car j’adore ça et en plus ça se fait dans un bon état d’esprit ».
Pour le couple, il est important de pouvoir compter sur des collaborateurs qui apportent un autre regard sur le travail à réaliser. - Collection privée
Des technologies qui facilitent la vie
Au fil du temps, Angèle et Calmin ont également investi dans des technologies leur permettant d’être plus efficaces et transparents dans l’organisation du travail et l’administration, et qui contribuent aussi au bon développement de l’entreprise.
Tous les véhicules sont, par exemple, équipés de traceurs. « Ces boîtiers sont reliés à une plateforme qui nous permet de localiser les machines, de savoir à quelle vitesse elles roulent… C’est un système qu’on a implémenté dès le début afin de lutter contre le vol, mais on s’est rendu compte que ça pouvait aussi être utile dans nos relations avec les clients ou pour la logistique. On sait exactement le temps qu’on passe à réaliser une tâche et, ça nous permet d’optimiser les déplacements sans téléphoner à tous les chauffeurs pour savoir où ils sont ».
Angèle travaille depuis 2009 aux côtés de Calmin et s’occupe plus particulièrement de l’administration. - D.J.
Il y a 9 ans, le couple a également pris la décision de se doter d’un logiciel de gestion de travaux agricoles à destination des entreprises agricoles, LÉA. « Au départ, j’étais assez réticente car je trouvais qu’on travaillait bien et qu’on faisait la même chose au format papier mais aujourd’hui je ne m’en passerais plus. Chaque ouvrier possède l’application sur son smartphone et son propre profil. Il peut encoder ses bons de travaux depuis sa cabine. En fin de journée, ils doivent tous synchroniser leur appli vers le bureau et je peux vérifier ce qui a été fait et générer des factures précises. Fini la flemme et le casse-tête pour la facturation. Les pleins de carburant, les heures, les entretiens de chaque véhicule sont également enregistrés. Grâce à l’appli, on a donc aussi un suivi précis du parc de matériel, des chiffres réalisés par chaque machine et de leur consommation. C’est un bel outil. De plus, au niveau prise en main par les ouvriers, ça n’a pas posé de problème puisqu’ils ont déjà l’habitude de travailler dans des machines équipées de technologies de pointe », explique Angèle.
Autre outil simple et pratique mise en place par la société, l’application « to do ». « Nous avons des listes to do pour les différents domaines tels que l’atelier ou le négoce et nous y consignons tout ce qu’il y a à faire et les informations qui s’y rapportent. On peut aussi assigner une priorité et indiquer si la tâche est réalisée. Ça donne une bonne vision du travail à faire et aide à la communication et au partage de l’information. Les groupes de conversation avec les employés ou les clients sont aussi pratiques pour la localisation des parcelles ou d’autres demandes », explique Calmin.
Calmin se concentre désormais sur la planification mais il apprécie toujours pouvoir mettre les mains dans les machines ou sur le volant. - Collection privée
D’autres petits détails qui font la différence
Dans l’organisation quotidienne, voire annuelle de l’entreprise, certains aménagements ont aussi été récemment mis en place afin d’améliorer les conditions de travail et être plus efficace. Notamment, la nouvelle aire couverte de lavage qui permet de nettoyer le matériel à l’abri, en toute saison. Graissage, karcher, compresseur… tout est rangé dans une pièce technique et relié à l’aire de nettoyage via des enrouleurs : organisé et propre. « Avant, nous devions nous dépêcher pour tout finir avant l’hiver et faire appel à du personnel supplémentaire. Dorénavant, on peut entretenir le matériel au chaud même en fin et début d’année. L’eau, la terre et les autres déchets verts sont brossés dans une fosse de décantation. L’eau part ensuite vers un séparateur d’hydrocarbures. ».
L’atelier est équipé d’un Kardex qui permet une gestion au propre, sans défaut ou surplus de stock. - D.J.
Calmin a également fait le choix d’équiper l’atelier d’un Kardex, robot permettant de stocker et recenser les pièces. « On y a réfléchi un moment mais au final des étagères nous auraient coûté tout autant sans le suivi. À moyen terme, ça sera beaucoup plus rentable car il n’y a pas de poussière, le rangement est optimalisé et nous n’avons plus de surplus ou de défaut de stock qui nous font perdre du temps et de l’argent ».
Revente et entretien de matériel
Depuis peu, Calmin est également revendeur pour les remorques Lefèbvre, les bennes Maupu et les épandeurs Panien ainsi que diverses autres marques. « Cette activité s’est un peu installée par hasard car il n’est pas rare qu’on dépanne un client pour un entretien ou autre puisqu’on a le matériel et les bras. De plus, ce type d’outils demande peu d’entretien ou, du moins, un suivi moins immédiat qu’un véhicule qui roule tout le temps. Néanmoins, ce n’est pas un secteur que je souhaite développer à outrance. Je ne veux pas négliger l’entreprise ».
L’Entreprise Lapraille C. - Sudagri propose ses services pour tous travaux agricoles, tous styles de transport, commerce de paille et de fourrage, déneigement mais aussi pour tous travaux de terrassement dans un rayon de 100 km autour de Léglise. - Collection privée
Et de conclure : « Nous sommes heureux d’avoir pu saisir les opportunités qui se présentaient à nous. Nous ne reviendrions pas en arrière dans les changements et améliorations opérées et espérons juste garder le bon cap. Tout ça ne peut se faire sans un bon esprit d’équipe et nous sommes vraiment reconnaissants envers notre personnel pour son engagement et son enthousiasme ».
Transport et logistiqueEn raison de leur risque élevé de vol, assurer les GPS agricoles représente un défi pour les compagnies d’assurances qui ne couvrent pas ces équipements de manière spécifique, obligeant les agriculteurs à souscrire des contrats supplémentaires. À Waremme, le bancassurerur Smartgroup et sa branche Smart Assurances est historiquement axé sur le très spécifique secteur agricole. Au sein de ce bureau de courtage également implanté à Orp-le-Grand et à Hannut, Gilles Seutin évoque les pistes pour répondre aux préoccupations des agriculteurs.