Pac: la présidence portugaise vise un accord pour fin juin
Malgré l’échec des négociations fin mai, la présidence portugaise a repris son travail en vue de finaliser un accord politique sur la future pac fin juin. Les points de divergence sont connus (verdissement, redistribution…). Un calendrier a déjà été plus ou moins fixé : des discussions avec les experts des États membres dans un premier temps puis un trilogue sur les plans stratégiques le 16 juin, un dernier super trilogue autour du 24 juin et une validation définitive par les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept le 28 juin.

Les
Un compromis sur les éco-régimes
Rotation des cultures et surfaces non productives
Résidus de pesticides et importation : vers des interdictions ?
Dans le cadre du règlement OCM unique, une des priorités du négociateur en chef du Parlement européen, Éric Andrieu, serait d’interdire, au plus tard en 2025, les importations de produits d’origine végétale et animale, si elles ne respectent pas les obligations liées aux limites maximales de résidus de pesticides en vigueur dans l’Union. « Nous sommes sur un point de blocage (avec le Conseil et la Commission) et je ne comprends pas pourquoi », a-t-il souligné lors d’une conférence de presse le 1er juin.
Selon lui l’article 188 bis qu’il propose est « compatible » avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce, car « on traite là de la valeur intrinsèque des produits ». Il espère également convaincre le Conseil de permettre aux interprofessions de donner des indications sur la valeur ajoutée entre les producteurs, les transformateurs et le commerce. « Il semblerait que le Conseil soit prêt à lâcher sur ce point », indique-t-il.
Des critiques sur la méthode
Sur base de ce constat, la présidence portugaise va continuer à travailler avec les États membres dans le cadre du comité spécial agriculture (les 7 et 14 juin). Une discussion entre ministres pourra aussi se tenir lors de leur réunion informelle prévue le 15 juin à Lisbonne. Un dernier trilogue sur les plans stratégiques est envisagé le 16 juin en vue d’un nouveau « super trilogue » de deux jours autour du 24 juin. Des contacts vont donc être repris avec les négociateurs parlementaires.
Le ministre grec de l’Agriculture, notamment, a dénoncé à l’issue du dernier Conseil « la façon inacceptable dont le Parlement européen a mené cette négociation » la qualifiant de « chantage ». Mais le commissaire européen, Janusz Wojciechowski, aussi a été ciblé par les États membres – ainsi que par le Copa-Cogeca – pour avoir pris le parti du Parlement au lieu de faciliter les débats.
Pour le think tank Farm Europe, la Commission n’a pas joué son rôle de facilitateur en s’engageant de façon partisane et déséquilibrée dans le débat, cassant la confiance nécessaire pour remplir pleinement sa mission. Résultat : le Parlement et le Conseil ont dû se doter d’une capacité propre à rédiger des compromis dans leurs aspects juridiques les plus complexes pour avancer. L’absence d’accord tient aussi au fait, toujours selon Farm Europe qu’une « bonne partie des paramètres clés de l’architecture verte était tout simplement une page blanche dans la proposition ». Les co-législateurs ont donc dû définir eux-mêmes des orientations et donner de la consistance aux éco-régimes qui étaient au départ une coquille vide.
Ce problème devrait être réglé durant le mois de juin pour conclure un accord politique qui devra ensuite faire l’objet d’un travail technique lors de la présidence slovène au second semestre de l’année.