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Changer?

Je suis allergique aux changements, c’est là mon plus grand défaut. Je m’attache aux choses qui durent, à la routine, et crois dur comme fer que le mieux est assez souvent l’ennemi du bien. Dans un monde en perpétuelle mutation, je suis un anormal, un handicapé du système. Mon entourage en sourit, mais l’inertie apparente de mon comportement énerve tous ces gens qui tournent autour des agriculteurs, surtout les marchands de machines et d’équipements. Je suis l’élève le plus exécrable qui soit dans l’école capitaliste. Mais au final, détester les changements, est-ce vraiment un défaut ?

La plupart des gens répondront par l’affirmative, surtout les jeunes. Beaucoup d’entre eux sont des adeptes fanatiques de la religion du changement : ils changent de métier, d’habitation, de petit ami ou de petite amie comme de chemise ! Et ils s’en glorifient ! Ils se marient, se démarient, mélangent leurs enfants, s’expatrient, reviennent, repartent, et poursuivent sans fin je ne sais quelle chimère. Prompts à s’enflammer, ils s’éteignent très vite puis recherchent d’autres étincelles qui les feront flamber. Ils remettent sans cesse leur vie en question, prêts à tout...

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Voix de la terre Il y a trois ans, un homme m’a dit un jour que « les agriculteurs, qu’il fasse beau ou mauvais, n’arrêtaient pas de se plaindre   ». Cette remarque m’avait marquée tant son jugement je le trouvais dur. Peut-être même qu’il n’est pas le seul à le penser ? Trois ans que j’ai cette remarque en tête et trois mois que j’ai envie de lui répondre. Ça fait long, me direz-vous, il y a prescription ! Ce n’est pas grave, laissez-moi vous raconter une histoire.
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