Le développement durable est défini comme un développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Il repose sur trois piliers : écologique, économique et social. En agriculture, on en ajoute régulièrement un quatrième, la gouvernance, qui représente les interactions entre l’agriculteur et le monde extérieur. La finalité du développement durable est de trouver un équilibre cohérent et viable à long terme entre ces quatre enjeux.
Une alimentation durable doit donc être respectueuse de l’environnement, par le maintien des écosystèmes, de la biodiversité et de la qualité de l’eau et des sols ; assurer un revenu équitable à l’éleveur en n’entraînant pas de surcoûts importants et en permettant de conserver une production convenable ; et préserver le tissu rural et le développement local tout en répondant aux attentes sociétales, tel que le respect du bien-être animal par exemple.
Projet Life – Dairyclim
Débuté en 2015, le projet Dairyclim d’Isabelle Dufrasne et Françoise Lessire vise dans cette optique à définir des stratégies alimentaires permettant de diminuer les émissions de méthane et l’empreinte carbone des vaches laitières. Les objectifs sont de contribuer à la lutte contre le changement climatique, diminuer les émissions de méthane en optimisant l’alimentation des vaches laitières en hiver et en été, et préserver les prairies et le pâturage, tout en veillant à l’aspect économique des rations proposées.
Les essais alimentaires sont divisés en trois parties : d’abord à l’étable, ensuite au pâturage, et enfin dans des fermes-pilote. Les mesures réalisées dans l’étable des fermes expérimentales de l’ULiège au Sart Tilman et du Cta à Strée portent sur les émissions de méthane (éructé et prédit dans le lait), l’empreinte carbone du lait produit, et les coûts alimentaires.
Ration riche en amidon ou riche en graisses
Les mesures des émissions de méthane ont lieu lors du passage au distributeur de concentrés (Cta) ou au robot de traite (ULiège). Les rations distribuées sont toutes principalement composées de fourrages, et une ration témoin est utilisée.
Lors de la première année du projet, celle-ci est comparée à une ration riche en amidon ainsi qu’à une autre riche en matières grasses censée diminuer les émissions de méthane. Aucune diminution n’est observée sur l’effectif nourri avec l’aliment riche en amidon. La ration riche en graisse amène peu de diminution des émissions par vache et par jour, mais cette baisse est plus visible lorsque les émissions de gaz sont rapportées à la production. En effet, les vaches consommant la ration plus grasse produisent plus de lait, donc le méthane émis par kilo de lait est moindre.
De bons résultats avec le lin extrudé
Durant la deuxième année, en plus de l’aliment témoin sont étudiées une ration riche en colza extrudé et une autre riche en lin extrudé. Les diminutions d’émissions par kilo de lait observées sont de l’ordre de 7 % et de 10 % pour le colza et le lin, respectivement. Cependant, le coût est augmenté de 0,2 (colza) et 0,4 (lin) cent par kilo de lait produit en utilisant le composé extrudé. Cela équivaut à une différence de 15€ et 30€ pour une production annuelle de 7.500kg.
Étable vs prairie
Les émissions de méthane d’une vache à l’autre au sein d’un même groupe sont très variables : jusqu’à 20 % de différence !
Cette variation s’explique en partie grâce à la génétique. Cela pourrait donc servir de base à la sélection d’animaux faiblement producteurs de méthane.