Promesses sexennales et réalités peu sexy
Six ans, c’est long et court à la fois. Dimanche 14 octobre, nous reviennent déjà les élections communales, le seul scrutin dans nos campagnes où les électeurs connaissent au plus près les prétendants, puisqu’ils font partie de leur entité, de leur village, de leur famille. D’un candidat aux élections, on dit qu’il « se présente », qu’il se fait connaître sous son meilleur jour, afin de séduire un maximum de votants en faveur de sa liste et de lui-même. Maquillages, babillages, déballages, abordages et sabordages font partie du folklore électoral local, constellé d’un million de promesses, trop belles et parfois trop naïves pour être tenues.

Dans le monde paysan, une promesse entre hommes est une dette, une obligation de résultat, un engagement indéfectible. On donne sa parole, tope-là camarade, et le marché est conclu. Pas besoin de contrat ni de signatures. Une promesse est un socle, une assurance, une garantie de résultat, une réalité qui sera accomplie dans un futur proche
Mais tout n’est pas si simple dans le monde qui nous entoure. Les relations entre personnes sont complexes et tortueuses. Il suffit parfois de jouer sur les mots, d’ajouter des « si », lorsqu’on formule sa promesse ; d’accuser un fait imprévu ou l’ingérence d’autrui si le résultat escompté n’est pas au rendez-vous. Un jour, la promesse engendre une réalité parfois bien différente, souvent décevante. Et cette réalité va engendrer de nouvelles promesses, qui à leur tour entraîneront d’autres réalités, et ainsi de suite. Ce petit jeu de saute-mouton peut être fatigant, à la longue. Les politiques agricoles -régionale, européenne et mondiale- nous l’imposent lors de chaque crise. Promesses de ceci, de cela, pour gérer la PPA des sangliers, pour soutenir les exploitations impactées par les sécheresses 2017 et 2018… Comme tout être humain normalement constitué, chaque agriculteur vit de promesses, qu’il embellit et module à sa guise, afin de garder le moral et d’avancer. Comme la rosée au petit matin, nos désirs miroitent au soleil des promesses, lesquelles nous exaltent, nous consument, puis s’évaporent sans rien laisser de nos rêves. Mais sans nous lasser, nous y croyons, et nous courons de la ferme aux champs, des labours aux moissons, dans la frénésie du labeur, vers le fracas des orages…
Nous courons de promesses en réalités, sans désemparer, depuis la nuit des temps. Promesse de récoltes, quand nous confions nos semences à la terre durement travaillée ; promesse de vies nouvelles, quand nous introduisons un géniteur dans