Petits biquets…
Chatons, chiots, agneaux, veaux, poulains, poussins, canetons… : les animaux nouveaux nés nous attendrissent et donnent envie de les choyer, de les protéger. C’est plus fort que nous. Personne, à moins d’être psychopathe ou lobotomisé du cerveau, ne songerait à leur vouloir le moindre mal. Et pourtant… J’ai découvert l’impensable, dans la lecture d’un article consacré à un élevage industriel de chèvres laitières. Dès leur naissance, les chevreaux sont tués pour des raisons purement économiques, ou plutôt « sacrifiés », « euthanasiés », pour reprendre les euphémismes utilisés par le journaliste agricole. Seules les chevrettes sont conservées. Aïe, aïe ! Qu’en penseraient les enfants qui visitent les fermes pédagogiques enchantées, et prennent grand plaisir à caresser les petits biquets ?

Grands yeux écartés, faces aplaties, mâchoires peu développées, fronts bombés, pelages très doux, les jeunes animaux expriment toute leur innocence dans leur apparence, tout leur caractère inoffensif. Ils déclenchent l’instinct de protection, l’envie irrépressible de les nourrir, de les soigner. C’est inscrit quelque part dans notre cerveau archaïque, parmi les mécanismes de survie des espèces. Cet instinct « maternel » envers les bébés animaux a sans doute joué un rôle important dans la domestication des moutons, des chiens (loups), des bovins et chevaux. Nos ancêtres paysans...
Article réservé aux abonnés
Accédez à l'intégralité du site et recevez Le Sillon Belge toutes les semaines
Déjà abonné au journal ?
Se connecter ou Activez votre accès numérique