Décroissants chauds au matin du monde
Ces temps-ci, ils descendent tous dans la rue : les sans-rien, les sans-boulot, les sans-papiers, les sans-avenir, les sans-espoir, les sans-idées… Des sans-rides et des sans-dents, des sans-diplômes et des sans-cheveux, des sans-gêne et des sans-complexe, des sangs chauds et des sangs froids, tous mélangés. Sans-culottes du jeudi ou du samedi, ils brandissent des pancartes, s’habillent de gilets jaunes, foulards rouges, chemises blanches ou bonnets verts, scandent des messages pour tous les goûts, toutes les couleurs ; tous les coûts, toutes les douleurs.

Que veulent-ils au juste ? Ils veulent que ça change ! Et « Ça », c’est un peu de tout : plus de sous, mais moins de soucis ; davantage d’écologie, mais de l’essence moins chère pour rouler plus ; davantage d’emplois, mais travailler moins longtemps. Chacun y va de ses réclamations, en espérant que nos décideurs, ceux que nous avons élus et ceux qui nous dirigent, trouveront les formules magiques adéquates. Quand on voit tous ces malheureux s’énerver et se plaindre, on finit par se dire que nous autres agriculteurs ne sommes pas les plus gravement...
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