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Nos briques et nos pierres

Carcasses de pierres alanguies aux larges façades décolorées, nos vieilles fermes dressent aujourd’hui leurs vastes silhouettes anachroniques au milieu d’habitations modernes aux lignes impertinentes. Parfois hélas devenues chancres ruraux, elles constituent les témoins d’un passé révolu, et s’effacent peu à peu des paysages intérieurs de nos villages, en même temps que les derniers agriculteurs. Autrefois lieux d’une intense vie familiale et sociale, elles semblent avoir perdu toute raison d’être avec la disparition de leurs occupants. Toute chaleur semble les avoir désertées depuis l’arrêt de leurs activités, vastes bâtisses silencieuses aux murs décrépis, aux toits avachis par le poids des ans et des regrets. Que vont-elles devenir ?

À dire vrai, jusque dans les années 1960, chaque maison villageoise comptait au moins une petite étable, une porcherie, un poulailler et une grange, sans oublier un potager et un verger. Même l’instituteur, voire le curé, disposait d’une petite ferme pour subvenir à ses besoins primaires en nourriture. Papa disait toujours qu’il n’était pas très instruit parce qu’il avait été « à l’école du temps où le Maître allait encore aux flattes (bouses de vaches) »  ! Cette vie traditionnelle paysanne s’est perdue au fils des ans, avec la modernisation...

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Voix de la terre Il y a trois ans, un homme m’a dit un jour que « les agriculteurs, qu’il fasse beau ou mauvais, n’arrêtaient pas de se plaindre   ». Cette remarque m’avait marquée tant son jugement je le trouvais dur. Peut-être même qu’il n’est pas le seul à le penser ? Trois ans que j’ai cette remarque en tête et trois mois que j’ai envie de lui répondre. Ça fait long, me direz-vous, il y a prescription ! Ce n’est pas grave, laissez-moi vous raconter une histoire.
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