« Il y aura un avant et un après!! ». Cette rengaine tourne en boucle dans les conversations, comme une incantation, une catharsis, une évidence indiscutable. Il faut qu’on vire le Covid, qu’on vide l’abcès purulent qu’était le monde d’avant. Oufti, rien que ça ! Toutes sortes de théories fumeuses, au sujet de l’émergence du virus, sont nées de l’imagination des désœuvrés confinés : thèse écologique – la Terre se venge de l’humanité –, thèse scientifique – le virus est né de la conjonction complexe de failles sanitaires –, thèse terroriste – le corona est une bombe virologique artificielle –, thèse politique – les Chinois ont merdé grave –, etc, etc. Bref, «
il fallait que ça arrive ! », parce que rien n’allait plus, paraît-il. Tandis qu’après ! Après, -ah ça oui, promis, juré ! –, tout ira mieux, c’est évident.
D’un coup de Covid magique, les erreurs d’hier seront réparées, et les grands problèmes mondiaux seront pris à bras-le-corps. Malnutrition, pillage des ressources naturelles, réchauffement climatique, injustices, discriminations et racisme, répartition inégale des richesses…, vont être objectivés et réduits autant que possible, dès que cette saleté aura disparu. Et bien dites donc, il y aura du boulot!! En fait, tempèrent dans leur for intérieur les bien-pensants, tout n’était pas...
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Voix de la terre
Il y a trois ans, un homme m’a dit un jour que « les agriculteurs, qu’il fasse beau ou mauvais, n’arrêtaient pas de se plaindre
». Cette remarque m’avait marquée tant son jugement je le trouvais dur. Peut-être même qu’il n’est pas le seul à le penser ? Trois ans que j’ai cette remarque en tête et trois mois que j’ai envie de lui répondre. Ça fait long, me direz-vous, il y a prescription ! Ce n’est pas grave, laissez-moi vous raconter une histoire.