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Les fabriques d’ignorance

Pourquoi les émissions intéressantes passent-elles très tard à la télé ? Les spectateurs préfèrent sans doute le ronronnement des productions distrayantes, que l’on regarde sans trop se fatiguer. Réfléchir coûte quelques efforts… Téléphile à la petite semaine quand mes yeux disent « stop » à la lecture, je suis tombé par hasard sur « Matière grise », jeudi vers 23 heures, déjà en pyjama. Un mot rigolo a tout de suite percuté mes oreilles à moitié endormies : « agnotologie», étude de la production culturelle d’ignorance. L’émission était consacrée aux vastes manipulations mises en œuvre par des groupes de pression pour semer le doute dans le débat public, afin de jeter la suspicion sur des produits sains, nier l’urgence de certains défis à relever, ou pour innocenter des substances dangereuses, normaliser des modes de consommation destructeurs pour l’environnement. Les « agnotologues » ont du pain sur la planche en 2020, pour démonter les mécanismes de ces arnaques XXL. Le secteur agricole, tout particulièrement, n’échappe pas à l’emprise de ces « fabriques d’ignorance » !

Le cas d’école concerne évidemment les grands cigarettiers. Durant les années 1950-60, ceux-ci ont orchestré une stratégie de désinformation réellement performante, afin de minimiser les effets désastreux du tabac. Ils ont commandité de pseudo-études scientifiques très « sérieuses », lesquelles ont diffusé un épais écran de fumée, où les vérités se perdaient et s’étouffaient. Quand j’étais gamin, le fait de fumer était signe de virilité, personnifiée par l’image du cow-boy Marlboro. Les mères donnaient des cigarettes à leurs adolescents, comme des bonbons ou des chips. Il a fallu...

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Voix de la terre Il y a trois ans, un homme m’a dit un jour que « les agriculteurs, qu’il fasse beau ou mauvais, n’arrêtaient pas de se plaindre   ». Cette remarque m’avait marquée tant son jugement je le trouvais dur. Peut-être même qu’il n’est pas le seul à le penser ? Trois ans que j’ai cette remarque en tête et trois mois que j’ai envie de lui répondre. Ça fait long, me direz-vous, il y a prescription ! Ce n’est pas grave, laissez-moi vous raconter une histoire.
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