C’est juin qui fait les foins
Mais où sont les foins d’antan ? Autrefois concentrée sur deux ou trois semaines en été, la fenaison d’aujourd’hui s’étale du printemps à l’automne, d’avril à novembre, déclinée en multiples coupes. Encore faut-il parler maintenant de « récoltes d’herbes », car les agriculteurs-éleveurs ensilent plutôt qu’ils ne fanent comme « dans le temps », quand les plastiques dérivés de l’industrie pétrolière n’existaient pas, et qu’il fallait tout engranger en sec.

Admettons-le, nos parents et nos aïeux paysans pratiquaient une agriculture à l’empreinte carbone beaucoup plus faible que la nôtre, par la force des choses et en l’absence des technologies modernes. Dès que les graminées des fourrages commençaient à épier en juin, ils guettaient « un anticyclone » disaient-ils, et tapotaient chaque jour le baromètre, pour voir si l’aiguille baissait ou montait. Si la pression atmosphérique s’élevait trop rapidement, elle risquait de redescendre aussi vite, et la fenêtre de beau temps était trop courte pour faner. Ils observaient les toiles d’...
Article réservé aux abonnés
Accédez à l'intégralité du site et recevez Le Sillon Belge toutes les semaines
Déjà abonné au journal ?
Se connecter ou Activez votre accès numérique