Le temps des c(e)rises
Miraculeux, magique, merveilleux! Les pluies de ces jours derniers ont ressuscité nos prairies à une vitesse stupéfiante! Nos «savanes» couleur paille ont retrouvé leur joli dégradé de verts, du plus pâle au plus profond, quasi bleuté. Nous vivons un second printemps en automne, et les vaches jouent des oreilles en broutant les herbes tendres. Les agarics champêtres pointent partout leurs petits bonnets blancs, tandis que les arbres sauvages ploient sous une profusion de fruits. Les hêtres, chênes, aubépines, sorbiers, poiriers et pommiers sauvages, …, sont grêlés comme jamais de faînes, glands, druppes, sorbes et sûrettes! Dame Nature est en fête: sa petite entreprise ne connaît pas la crise, et chante à pleine voix le Temps des Cerises...

En ces «temps de crises»-selon l'expression consacrée-, voir renaître nos campagnes constitue déjà un vrai motif de satisfaction, de consolation. On sait bien que cela ne durera pas, mais on veut y croire, comme le suggère la chanson. «Il est bien court, le temps des cerises, où l'on s'en va à deux cueillir en rêvant, débordant de rêves, cerises d'amour aux robes pareilles, tombant sur la faille en gouttes de sang.». Ces paroles sont à double sens et font référence à la Semaine Sanglante (du 21 au 28 mai 1971) lors de laquelle fut écrasé le rêve de démocratie directe de la Commune...
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