Les deux structures ont interrogé, par le biais d’une enquête en ligne, 96 commerces physiques ou virtuels (magasins bio, de produits en vrac, à la ferme, des coopératives en circuit court…) situés à Bruxelles et en Wallonie. Un nombre qui représente tout de même un tiers des acteurs du secteur.
Attention, chute de chiffre d’affaires
Le moins que l’on puisse dire, c’est que les résultats sont alarmants. En comparant le 1er semestre 2021 à celui du 1er semestre 2022, il ressort que 82 % des commerces sondés ont vu leur chiffre d’affaires diminuer.
Pour 12 d’entre eux, la baisse est supérieure à 30 %, et pour quelques-uns, elle plonge jusqu’à 40 %. Seuls 13 magasins ont enregistré une augmentation par rapport à 2021 et 4 un chiffre d’affaires équivalent.
« Sachant que le sondage date du mois de juillet, donc avant le début de la crise énergétique que nous traversons actuellement, on peut considérer que la situation s’est encore dégradée pour certains commerces » a contextualisé la représentante de Biowallonie.
Les raisons invoquées par les points de vente pour justifier cette perte sont, sans surprise, la crise économique et la baisse du pouvoir d’achat des clients, suivie par la croissance de la concurrence de leurs pairs, le retour au mode de consommation d’avant la crise sanitaire et la hausse des prix du carburant et de l’énergie.
Le moral des commerçants en berne
S’il est intéressant d’analyser l’évolution des comportements d’achat de la clientèle, les sondeurs se sont d’abord concentrés sur son profil. L’enquête nous apprend que ce sont principalement des familles, des personnes de plus de 65 ans et des couples sans enfant. Viennent ensuite des célibataires et très peu de moins de 25 ans.
Pour 63 % des lieux de vente, le montant du panier moyen dépensé dans ces commerces oscille entre 20€ et 40€, pour 23 % un panier de 40€ à 60€ et pour 13 % un panier de moins de 20 %. Les sondeurs précisent que si le panier moyen peut sembler bas, cela s’explique par le fait que beaucoup de consommateurs continuent à se rendre dans plusieurs commerces pour leurs achats alimentaires.
Le refrain est désormais connu, le confinement a poussé les consommateurs à franchir en nombre le seuil des commerces locaux, bio et en vrac. Une tendance qui ne s’est malheureusement pas inscrite dans le temps. Ainsi, 56 % des sondés ont vu partir les clients occasionnels.
L’optimisme ne semble pas au rendez-vous et une majorité des commerces pense que la perte du pouvoir d’achat des consommateurs aura des conséquences sur le panier moyen et ce, pendant encore de nombreux mois.
Résilience et créativité
Il faut sauver les soldats bio, locaux et vrac !