Comment évolue la qualité du lait wallon?
Le Comité du Lait a publié, voici quelques jours, le rapport de ses activités conduites en 2023. Parmi les nombreuses informations qu’il recèle, il confirme que la qualité du lait produit en Wallonie se maintient à un très haut niveau. Et ce, alors que la production moyenne par exploitation ne cesse d’augmenter.

Si la production moyenne de lait par éleveur s’affiche en hausse, cela se traduit également par l’érosion du nombre d’exploitation. En effet, on recensait 2.459 fermes laitières en 2023, contre 2.544 en 2022, soit une baisse de 3,35 % (85 exploitations). Le phénomène n’est malheureusement pas nouveau et est constaté, chaque année, par le Comité du lait (CdL)…
En parallèle, les résultats des analyses menées par celui-ci sur les critères officiels de la qualité du lait cru se maintiennent à un très haut niveau.
Une production moyenne dépassant 530.000 l par éleveur
Comparativement à 2022, la collecte laitière wallonne progresse et culmine à 1,306 milliard de litres de lait (+2,5 %) fournis aux acheteurs. La production moyenne par éleveur continue donc de grimper. Elle s’élève à 531.179 l, en croissance de 6 % par rapport à l’année précédente.
Après une année 2022 marquée par la hausse fulgurante du prix du lait, celui-ci a retrouvé un niveau plus bas l’an dernier. En cause ? Un recul de la demande en produits laitiers et, par conséquent, des cotations. Quant à la production laitière wallonne, elle a continué, en 2023, sur les tendances haussières amorcées au second semestre 2022 pour diminuer en fin d’année seulement, note le CdL.
Du côté de la certification QFL, le nombre d’audits réalisés l’année dernière s’élève à 1.008, en retrait par rapport à 2022 (1.055). Sur ce total, 856 ont été menés en Wallonie et 844 se sont soldés par un résultat favorable, soit un taux de 98,60 %. Durant ces audits, une attention particulière est apportée à l’enregistrement des antibiotiques dans Bigame puisque ce critère est obligatoire pour la QFL depuis 2022.
L’accent est également mis sur le « score hygiène » (point « H »),. En la matière, le score moyen global obtenu en 2023 est de 8,62/10. 7,01 % des audits ont même donné lieu à un score de 10/10 (contre 6,15 % l’année précédente).
Légère dégradation du côté des cellules somatiques
Pour ce qui est des germes totaux, 94,73 %, des 70.731 analyses officiellement attribuées aux producteurs ont révélé des résultats inférieurs à 100.000 germes/ml. Il s’agit là d’un résultat similaire à 2022 (94,86 %). La moyenne géométrique de tous les résultats effectifs confirme cette stabilité. Elle était de 15.900 germes/ml en 2023 contre 15.600 germes/ml l’année précédente.
Le taux de producteurs non pénalisés s’améliore légèrement. Il s’élève à 97,49 %, contre 97,33 % un an auparavant. Notons que la moyenne est meilleure (98,7 %) à l’échelle nationale.
Du côté des cellules somatiques, on observe, a contrario, une légère dégradation. Les 174.439 analyses réalisées montrent que le pourcentage de résultats à moins de 400.000 cellules/ml s’établit à 92,1 %, ce qui est inférieur à 2022 (92,7 %). La moyenne géométrique de tous les résultats effectifs corrobore cette tendance : 210.000 cellules/ml en 2023 pour 204.400 cellules/ml en 2022.
In fine, le pourcentage de producteurs non pénalisés pour le critère cellules a légèrement diminué. Il était, en moyenne, de 95,98 % en 2023, après avoir atteint 96,18 % en 2022. Ici aussi, les producteurs wallons font un peu moins bien qu’au nord du pays puisque la moyenne nationale est de 97,5 %.
Rares résidus de médicaments vétérinaires
La détermination du point de congélation (cryoscopie) a été effectuée sur 98,4 % des échantillons réceptionnés. Sur ce plan, on note une très sensible dégradation. L’an dernier, on a dénombré 0,38 % de producteurs pénalisés, alors qu’ils étaient 0,34 % en 2022. En Belgique, le pourcentage de producteurs pénalisés s’élève à 0,27 %.
En revanche, l’évolution est positive pour les résidus de médicaments vétérinaires. Sur les 346.993 analyses menées l’an dernier (99,4 % des échantillons réceptionnés) 96 (ou 0,03 %) se sont révélées défavorables, soit un nombre légèrement inférieur à 2022 (108). À l’échelle belge, le nombre de résultats défavorables est de 0,02 %.
En moyenne, chaque mois, 99,7 % des producteurs laitiers wallons n’ont pas de problèmes de résidus de médicaments vétérinaires, ce qui est similaire aux années précédentes. Le nombre de récidives (plusieurs fois sur le mois) reste très limité et a une nette tendance à diminuer. 96,8 % des producteurs (95,4 % en 2022) n’ont pas eu de problème de résidus de médicaments vétérinaires sur l’ensemble de l’année écoulée. Les pourcentages de producteurs pénalisés plusieurs fois sur un an sont équivalents à 2022.
Enfin, l’an dernier, dix producteurs ont été pénalisés pour un mauvais résultat filtration. En 2022, ils étaient deux.
Six interdictions par mois
Hors résidus de médicaments vétérinaires, ces contrôles qualitatifs se sont soldés par l’attribution de 3.360 points de pénalisation (3.344 en 2022). Environ 63 % des points attribués sont dus aux cellules, 33 % aux germes, 3 % à la cryoscopie et 0,5 % à la filtration. Au-delà de ce détail, on retiendra surtout que 74,6 % des producteurs n’ont obtenu aucun point de pénalisation en 2023.
L’an dernier, 77 exploitations ont été interdites pour germes ou cellules (79 en 2022 et 118 en 2021), soit une moyenne de 6 par mois. Une seule exploitation a été interdite pour cause de présence de résidus médicamenteux vétérinaires (aucune en 2022).
On note cependant que les interdictions de livraison ont été un peu plus longues en 2023 qu’en 2022. En effet, sur les exploitations concernées, 52,9 % ont eu une interdiction de moins de 3 jours (et n’ont donc pas perdu de livraison), contre 59,8 % un an auparavant. De manière plus globale, 85 % des élevages concernés écopent d’une interdiction de livraison inférieure à 14 jours.