Une météo propice à la fusariose
La plupart des parcelles de froment ont maintenant reçu un ou plusieurs traitements fongicides afin de lutter contre les maladies foliaires, néanmoins quelques recommandations sont à prendre en compte pour la lutte contre la fusariose dont le risque en infection est particulièrement élevé cette année.

La grande majorité des froments est au stade épiaison (BBCH 51-59). Les variétés plus hâtives comme Campesino ou RGT Perkussio sont en pleine floraison (BBCH 61-65).
Attention à la fusariose
Les pressions en rouille jaune, septoriose et rouille brune sont toujours élevées. Les pluies annoncées sont favorables au développement de la fusariose. De plus, les froments atteignent le stade floraison, stade critique pour l’infection des épis par cette maladie. Le risque d’infection est d’autant plus grand que le froment se trouve sur un précédent maïs dont les chaumes n’ont pas été correctement enfouis. Les conseils du Cepicop sont donc les suivants :
– Si vous avez déjà traité vos épis bien dégagés (BBCH 57-59) avec du prothioconazole, ceux-ci sont protégés contre la fusariose ;
– Si vous n’avez pas traité vos épis lors de l’épiaison, il est conseillé de traiter ceux-ci lors de la floraison (BBCH 65) avec du prothioconazole, du metconazole ou du tébuconazole. Ce traitement constituera également un relais contre les maladies foliaires.
Quant aux pucerons, les populations observées cette semaine restent faibles.
Du côté des orges de printemps
Les orges semées fin mars se trouvent désormais au stade de la dernière feuille étalée (BBCH 39). Certaines parcelles semées plus tôt commencent déjà leur épiaison (BBCH 51).
Les fumures et désherbages étant terminés, il est temps d’examiner l’état sanitaire des parcelles. Étant donné la rapidité de la montaison des céréales de printemps, la solution la plus adaptée dans la plupart des situations est d’appliquer un unique traitement fongicide au stade de la dernière feuille étalée (BBCH 39).
L’emploi d’un régulateur de croissance n’est pas systématiquement nécessaire pour les céréales de printemps. Il reste toutefois justifié dans certaines situations à risque et peut être appliqué en même temps que le fongicide au stade de la dernière feuille étalée (BBCH 39). Attention, il est déconseillé d’appliquer un régulateur si les épis sont déjà visibles. Une parcelle est considérée à risque lorsqu’elle présente un peuplement dense (c’est le cas pour la majorité des parcelles cette année), des tiges fines, une forte disponibilité en azote et une variété sensible à la verse. Attention, certains produits ne sont pas autorisés au stade BBCH 39, et la dose autorisée pour les céréales de printemps est, selon le produit utilisé, souvent plus faible qu’en escourgeon.
En termes de ravageurs, des adultes et œufs de criocères (lémas) sont observés dans les parcelles. Ces insectes causent généralement des dégâts visuels (ils rongent le parenchyme des feuilles entre les nervures) mais ont peu d’impact sur le rendement (sauf en cas d’infestation massive). Les céréales de printemps y sont toutefois plus sensibles que les céréales d’hiver. Les pontes de criocères sont assez étalées dans le temps (plusieurs semaines), et intervenir tôt, c’est-à-dire avant le stade de la dernière feuille étalée, ne protégera pas contre de nouvelles pontes sur le haut des plantes. Un traitement est recommandé seulement si la pression est supérieure à 2,5 larves par tige à l’épiaison.