Quand innovations riment avec sécurité alimentaire…
Le 7 juin, date qui coïncide avec la Journée mondiale de la sécurité alimentaire, les directeurs de plusieurs agences alimentaires européennes ont visité l’Institut de recherche sur l’agriculture, la pêche et l’alimentation (Ilvo). Ce groupe de « heads of food safety Agencies – HoA’s » a pu assister à diverses démonstrations de drones et robots, mais aussi visiter une usine pilote. L’opportunité de voir comment ces innovations peuvent aider les entreprises du secteur à rendre leur processus de production plus sûr.

Cette visite, organisée dans le cadre de la présidence belge à l’Europe, a rassemblé plus de 40 participants de 21 pays différents. Ils ont pu découvrir comment les processus de production et les aliments eux-mêmes sont d’ores et déjà expérimentés dans notre pays, avant même leur arrivée sur le marché. « La manière dont nous consommons est en constante évolution. De nombreuses personnes optent pour une alimentation plus végétale, nous mangeons de nouvelles denrées comme des insectes, nous nous dirigeons vers la viande cultivée… Tout cela crée des défis car tous les risques de ces nouveaux aliments ou processus de production ne sont pas connus. L’Ilvo propose une solution en faisant progresser la recherche scientifique, mais aussi en la mettant en pratique. Par exemple, au sein de l’usine pilote « Food Pilot » de l’ILvo & Flanders’ Food, les entreprises produisent et testent leurs produits à petite échelle », explique Lieve Herman, responsable technologie et nutrition à l’Ilvo.
La visite des HoA’s s’est poursuivie par plusieurs démonstrations de robots utilisant l’intelligence artificielle et la technologie de l’imagerie pour effectuer des dépistages dans les champs agricoles. Ces engins peuvent aider les agriculteurs à détecter les risques liés à la sécurité alimentaire et à les résoudre automatiquement. « Les drones peuvent notamment détecter la croissance de champignons sur les cultures depuis les airs, puis les cibler avec des produits phytopharmaceutiques. Cela permet de réduire le risque de présence de champignons dans les produits, ce qui est avantageux pour la récolte. Les niveaux de résidus des pulvérisations diminuent également, au bénéfice de la santé des consommateurs. Pour les agences alimentaires européennes, cela offre une perspective intéressante sur la manière dont nous pourrons, à l’avenir, utiliser cette technologie pour mener des inspections encore plus efficaces », indique, quant à lui, Herman Diricks, administrateur-délégué de l’Afsca.
Minimiser les incidents et protéger les consommateurs
Notons que ces hauts responsables des agences sanitaires européennes se réunissent régulièrement pour partager leurs connaissances scientifiques et promouvoir leurs bonnes pratiques dans le domaine de la sécurité alimentaire.
Ces échanges d’expériences visent essentiellement à garantir cette sécurité et à assurer la mise en œuvre et l’application harmonisée de la législation européenne.
Par ailleurs, ce groupe aborde des sujets brûlants d’actualité qui suscitent parfois des questions complexes. C’est, par exemple, le cas des innovations technologiques dans les contrôles effectués par les autorités, mais aussi du principe de la Food Safety Culture dans les entreprises du secteur alimentaire. Introduit en 2020 dans le Codex alimentarius européen, ce principe est entré un an plus tard dans la réglementation européenne. Il est donc obligatoire pour toutes les entreprises actives dans la chaîne alimentaire.
« Il est important d’étudier comment intégrer la culture de la sécurité alimentaire dans la culture d’entreprise. Il ne s’agit pas seulement de respecter la législation, mais d’instaurer un état d’esprit chez tous les employés, quel que soit leur poste, et de l’adapter à l’entreprise. Je suis convaincu que cela permettra de minimiser les incidents et de mieux protéger les consommateurs », poursuit Herman Diricks.