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À perdre la laine…

Pauvres moutons ! Habituellement, quand on les tond en juin, ils sont soulagés d’être débarrassés de leur trop chaude pelisse ; la seule crainte est de voir leur peau rasée transpercée par les rayons UV d’un soleil généreux. Cette année, leur strip-tease obligé les a laissés bien démunis pour affronter des températures proches de zéro degré lors de certains petits matins frisquets ! Les averses orageuses constituent leur pire cauchemar, tant leur peau dénudée est fragile et craint les morsures glacées de la grêle. Mes brebis font réellement pitié, en cette fin de printemps digne d’un automne. Elles pourraient toutefois se consoler en pensant à l’œuvre utile qu’elles remplissent en cédant leur précieuse laine à l’humanité frigorifiée. Hélas, plus personne n’en veut ! Quelle époque vivons-nous, d’ainsi jeter au rebut un bien aussi précieux ?

Oui, vous avez bien lu : plus personne ne veut de notre laine : en Belgique, en France, et partout ailleurs en Europe ! Elle est devenue un vulgaire déchet agricole, après avoir habillé des centaines de générations d’êtres humains. Les fibres synthétiques industrielles l’ont reléguée aux oubliettes de l’histoire. Elle se monnayait en espèces sonnantes et trébuchantes, attisait des convoitises, provoquait des guerres entre les drapiers flamands et le Royaume de France qui interdisait l’importation des laines britanniques. Elle a enrichi des cités comme Verviers, des pays...

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