«Grâce à notre nouvelle nurserie, le taux de mortalité des veaux a chuté!»
À la ferme Jean, on ose le changement pour optimiser le confort des bêtes, mais aussi des agriculteurs. Après avoir investi dans un robot de traite et des panneaux solaires, c’est une nouvelle nurserie qui est sortie de terre : un bâtiment en bois dans lequel les veaux peuvent évoluer en parfaite santé. Un véritable changement pour l’éleveur puisque dans son ancienne étable, il comptait une quinzaine de jeunes bêtes mortes chaque année.

La crainte de trouver un veau décédé : c’est ce que ressentait Simon Jean en poussant les portes de son étable chaque matin. Une perte financière, évidemment, mais aussi une charge de travail lourde pour l’éleveur. Malgré tous ses efforts et ceux de son vétérinaire, rien n’y faisait. Annuellement, une quinzaine d’animaux succombaient… Un chiffre en augmentation d’année en année. « Le vétérinaire avait un abonnement chez nous. Nous ne nous en sortions plus… Dans le vieux bâtiment, les veaux avaient des problèmes respiratoires, des diarrhées… Même ceux qui parvenaient à survivre ne réussissaient pas à récupérer en grandissant. Pourtant, nous faisions tout pour qu’ils démarrent bien, notamment en veillant à ce qu’ils reçoivent assez de colostrum et en effectuant les dépistages pour les différentes maladies ou pour trouver des carences éventuelles. Le problème émanait réellement du bâtiment. »
Pas assez ventilée, trop petite… l’obsolescence de l’étable était le fléau de cette ferme de Saint-Ghislain dans laquelle se réalisent une nonantaine de vêlages par an.
Face à cette problématique, Simon Jean a donc pris le taureau par les cornes et a découvert un bâtiment élaboré par Roiné, à l’occasion d’une visite chez des amis. Spécialisée en construction de bâtiments agricoles et équestres en charpente bois, l’entreprise s’est rendue dans cette ferme familiale en 2020. Et finalement, c’est le 15 janvier 2023 que les veaux ont enfin pu s’y installer. « Cela a pris du temps, notamment suite à des problèmes administratifs et d’approvisionnement des matériaux. »
Pas de regret concernant cet investissement de 150.000 €
Cette nouvelle nurserie mesure 12,88 m de large et 36,20 m de long, pour une hauteur de 6 m. Ce bâtiment isolé est en bois. En termes de capacité, il peut accueillir une soixantaine de veaux Blanc-Bleu Belge et Holstein, les races avec lesquelles cette exploitation travaille. Ainsi, pendant trois semaines, les nouveau-nés sont installés dans des niches individuelles, il y en a dix. Ensuite, ils sont placés dans des boxes (la nurserie en compte huit) avec d’autres congénères de leur âge. Notons que les bovins restent dans ce bâtiment jusqu’à huit à dix mois.
Autre spécificité de l’endroit : une case a été spécialement aménagée pour les césariennes. Cette dernière, modulable, permet au vétérinaire d’atteindre la vache par l’extérieur. Grâce à la barrière, l’animal est ainsi maintenu en place pendant l’opération, et le vétérinaire est protégé, par exemple, des coups de pattes éventuels.
« Roiné s’est occupé de la structure en bois. De notre côté, nous avons aménagé l’intérieur de celle-ci », explique Simon Jean. Parfaitement fonctionnel, ce bâtiment dispose de fentes sur le bardage d’un des longs pans pour assurer une bonne circulation de l’air, tandis que l’autre est équipé de filets brise-vent que l’éleveur peut ouvrir et fermer à l’aide d’une manivelle. Toujours afin d’optimiser la ventilation, une ouverture a été réalisée au niveau du faîtage.
Concernant le budget, l’agriculteur a déboursé 150.000 euros, dont 37 % bénéficieront d’une aide à l’investissement. Mais le jeu en vaut la chandelle, puisque depuis que les bovins évoluent dans cette nouvelle infrastructure, seul un est décédé, et ce à cause d’un facteur extérieur lié au colostrum. « Nous avons aussi remarqué une augmentation du poids pour les Blanc-Bleu, alors que les rations n’ont pas changé ».
Un croisement avec de la Brune suisse pour certaines inséminations
Bref, en jetant un œil dans le rétroviseur, Simon Jean ne regrette en aucun cas cette nouvelle construction. Il en est de même pour les autres investissements réalisés à la ferme, comme son robot de traite acquis en 2019. « L’ancienne salle de traite devait être rénovée. Nous avons donc opté pour cette machine. Elle nous facilite grandement la vie, et nous ne reviendrions certainement pas en arrière ».
Par ailleurs, cette ferme cultive du maïs, des betteraves fourragères et un peu de blé. Des plantations destinées à l’alimentation des 70 vaches laitières en production et 30 mères Blanc-Bleu Belge. De plus, pour ces deux races, l’éleveur a recours à l’insémination artificielle. « À un moment, nous avons rencontré des problèmes de fertilité avec les Holstein, alors nous avons réalisé des croisements avec des Brunes suisses. Nous procédons encore de cette manière pour les vaches plus difficiles à féconder ». Actuellement, le taux de réussite pour les inséminations artificielles se situe entre 60 et 65 %, tandis que le premier vêlage pour ces laitières est de 2 ans. Ensuite, les vaches produisent entre 29 et 30,5 l de lait par jour, avec une moyenne de 2,5 lactations par animal. « En décembre, nous aurons le premier vêlage des laitières ayant passé leurs premiers mois dans la nouvelle nurserie. Nous allons voir s’il y aura une différence par rapport à avant », poursuit le Hennuyer qui a aussi gagné en confort de vie, tout en optant pour une production durable et de qualité.