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Stockage des pommes de terre: sécher sans refroidir jusqu’à la cicatrisation

Au cours de la majeure partie d’octobre, on a rentré vaille que vaille et parfois très lentement des pommes de terre le plus souvent humides et crottées…

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La bonne nouvelle, c’est qu’on a le plus souvent récolté par températures douces. La mauvaise est qu’on a séché avec de l’air plus froid que les pommes de terre et aussi refroidi. Même s’il était indispensable de sécher, le refroidissement n’était pas recherché vu qu’il fallait aussi laisser le temps aux tubercules de cicatriser. Par ailleurs, il y a aussi de nombreux lots avec beaucoup de pourries engendrées par des pourritures bactériennes humides (ex-erwinia (Pectobacteruim spp…), fongiques (Pythium), de la pourriture rose (Phytophthora erytroseptica) ou encore du mildiou (Phytophthora infestans) ou des vraies pourritures sèches (fusarioses, phomas…). Bien souvent, il s’agit de mélanges avec les pourritures humides, ces dernières prenant le dessus. L’ensemble nécessite de fortes capacités de séchage !

Que faire dès lors, et comment procéder ?

Dans le cas de hangars qui ont été partiellement remplis et/ou en plusieurs étapes, il est très probable que les températures soient différentes au sein du tas. Il faut alterner ventilation interne – qui permet d’homogénéiser les températures internes au tas – et ventilation externe. Avec des parties de tas composés de tubercules à des températures variant entre, par exemple 6 – 7°C et 10 – 15°C, il faut, tant que la cicatrisation n’est pas faite, sécher sans refroidir, c’est-à-dire amener l’ensemble du tas à des températures proches des températures les plus élevées et pas inversement.

La ventilation interne se pratique volets d’entrées d’air fermés, et porte entrouvertes à 20 – 30 %, idéalement avec un canon à chaleur à l’entrée du hangar dès que les températures externes sont plus basses que les pommes de terre.

Dans un premier temps, il faut utiliser des canons à chaleur afin de continuer à sécher au plus vite, sans refroidir encore plus le tas. Un air froid est toujours séchant, mais il faut le réchauffer afin qu’il ne refroidisse pas le tas. Le ou les canons seront placés soit devant le front de tas ou sur le tas, porte du hangar entre-ouverte. Soit dans le couloir technique. Dans ce second cas, les volets d’entrées d’air seront ouverts entre 10 et 25 % permettant d’une part l’entrée d’air froid et séchant, à mélanger avec un air plus chaud et plus humide, cela pour ne pas brusquer les pommes de terre. Cela va permettre de continuer à sécher. On remarquera en général que la température du tas commence par baisser, l’air réchauffé séchant et donc refroidissant les tubercules.

Une fois à température – qui doit être maintenue 10 à 20 jours afin de favoriser la cicatrisation – on continue à utiliser les canons à chaleur tant que les tubercules crottés ne sont pas secs et/ou que les tubercules pourris ne sont pas desséchés.

Dans un second temps, on pourra baisser les températures pour arriver la température de consigne de 6 à 8°C dans le cas de pommes de terre « industrie » et procéder aux premiers traitements antigerminatifs.

Il est recommandé de monter sur le tas plusieurs fois par semaine afin de contrôler comment le séchage et la cicatrisation évoluent ! Il est également important d’évaluer comment les pourries (dues au pythium, ex-erwinia, mildiou…) se comportent. Un suivi attentif et suffisamment de séchage aux bons moments sont primordiaux pour conserver jusqu’en hiver ou au printemps.

D’après la Fiwap

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