Une demande dynamique...mais une offre en retrait dans plusieurs pays pour la viande bovine
Durant cet automne, les abattages de bêtes sont dynamiques sur le Vieux continent, notamment concernant les jeunes bovins en Espagne, en France et en Pologne, pour lesquels les prix s’envolent. L’Irlande, elle, se démarque par l’augmentation de ses vaches de réforme. Toutefois, cette tendance à la hausse ne suffit pas à combler la baisse de production de certains pays ainsi que la demande européenne et méditerranéenne.

En France, on constate des sorties de jeunes bovins en augmentation avec une hausse de 11 % par rapport à 2023 pour ceux de type viande et de 4 % pour les types lait. Cela s’explique par la relocalisation de l’engraissement dans ce pays, mais aussi par le marché européen en demande pour ce type de viande.
Italie : une baisse des abattages faute de broutards
En Italie, les abattages de taurillons et génisses étaient limités au mois d’août, avec respectivement 64.000 et 45.000 animaux abattus, soit une baisse de 5 % comparé à 2023. Si l’on cumule les huit mois de l’année, 493.000 taurillons ont été abattus, un niveau presque équivalent à l’an dernier. Les sorties de génisses étaient, quant à elles, plus ralenties faute de mise en place : avec 362.000 têtes, elles reculent de près de 5 %.
Suite à la faiblesse de l’offre, les cours des jeunes bovins ont poursuivi leur hausse saisonnière de façon marquée. Par exemple, le Limousin Extra a progressé à 3,99 €/kg vif, bref une hausse de 9 % par rapport à 2023.
Par ailleurs, depuis deux ans, les exportations françaises de broutards ont été influencées par deux facteurs : la réduction progressive du cheptel et l’augmentation des mises en place en France. Ces changements ont modifié la répartition des races exportées vers l’Italie, où la Limousine est désormais en première place, surpassant la Charolaise. Selon les opérateurs italiens, le marché s’est adapté en augmentant le poids des jeunes bovins Limousin, remplaçant ainsi les Charolais lourds traditionnellement engraissés, en particulier dans la région du Piémont.
Le jeune bovin espagnol, le plus cher d’Europe !
Du côté de l’Espagne, avec la demande marocaine et algérienne, la production de jeunes bovins mâles de plus d’un an était en hausse de 15 % en cumul sur sept mois, avec 509.000 têtes. La tendance était similaire pour les génisses, avec 301.000 bêtes (soit 15 % de plus).
En revanche, la production de bovins jeunes, abattus entre huit mois et un an, reculait de 8 % avec 402.000 têtes. Au total, la production de viande pour ces trois catégories atteignait 349.000 téc entre janvier et juillet, bref une hausse de 8 % si l’on se réfère à 2023.
Toutefois, cette augmentation de la production n’est pas suffisante pour répondre à la demande nationale et étrangère, ce qui tire les prix à la hausse. Ainsi, le JB R espagnol est, à présent, parmi les plus chers d’Europe : 39 cts au-dessus du cours français et 37 cts pour l’allemand !
Peu d’animaux disponibles en Allemagne
En Allemagne, justement, les abattages de jeunes bovins étaient en recul au mois d’octobre à cause d’un manque d’animaux gras présents dans les exploitations. Ainsi, du 9 septembre au 6 octobre, 63.000 bêtes ont été abattues, une baisse de 4 % comparé à 2023 et même de 10 % si l’on se rapporte à 2022. Suite à cette offre limitée, durant cet automne, les prix des jeunes bovins sont en augmentation.
Un peu plus loin, chez leurs voisins polonais, ces abattages étaient en forte hausse, tirés par la demande européenne et méditerranéenne. Ainsi, entre janvier et juillet, 595.000 JB ont été abattus. Une progression de 15 % par rapport à 2023, pour un total de 200.000 téc.
Les prix des réformes se tiennent dans l’Union européenne
Durant le début du mois d’octobre, les prix des vaches de réforme laitières étaient soutenus dans l’Union européenne. Cela s’explique par l’offre limitée et de la demande accrue de la Turquie qui exerce une pression sur le marché européen de la viande bovine.
À ce sujet, en Irlande l’hiver dernier, les abattages de vaches avaient été élevés à cause des mauvaises conditions de pâturage. Après une accalmie, on constate une nouvelle hausse des réformes depuis juin. En effet, les conditions sèches estivales dans le sud et l’est de l’île ont obligé les éleveurs à choisir entre le fait d’augmenter la distribution de fourrage ou de diminuer la taille de leur troupeau. Ces abattages dynamiques permettent de compenser le manque de viande dans l’Union. Les abattages de bœufs, catégorie la plus importante dans ce pays, ont eux aussi progressé de 8 %, afin de servir le marché britannique.
Du côté de la France, les vaches laitières sont également plus nombreuses à l’abattoir en raison d’un report des réformes de l’été sur l’automne. Durant la belle saison, l’herbe et les fourrages en quantité et qualité ont poussé les éleveurs à conserver leurs vaches, d’autant que le prix du lait était incitatif. Cela a eu comme conséquence un décalage temporel des réformes.