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Viande ovine : les prix résistent malgré une offre en diminution

Malgré des achats plus modérés entre Noël et Pâques, et des sorties d’agneaux parfois dynamiques comme en France, les cours des entrées des abattoirs au sein des principaux pays producteurs européens se maintiennent au-dessus de leurs niveaux des années précédentes en ce début 2025. Le signe d’une offre toujours historiquement en recul.

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Au Royaume-Uni, d’abord, la cotation de l’agneau britannique est orientée à la hausse en début d’année. Ainsi, en semaine 6, elle se situait à 8,69 €/kg, soit une augmentation de 0,94 €/kg si l’on compare à 2024.

Un net repli des abattages au Royaume-Uni

Toujours dans ce pays, la production de viande ovine a baissé de 7 % par rapport à 2024 lors de ce mois de janvier, totalisant 21.700 t. Cela s’explique par un repli de 15 % des abattages de réforme et de 6 % des abattages d’agneaux. Si l’on regarde la moyenne 2015-2019, elle recule de 11 %. La baisse du cheptel reproducteur ovin britannique explique en grande partie cette situation.

Au niveau des importations de viande ovine, si l’on se réfère à 2023, l’année passée, elles ont bondi de 42 % (76.200 téc) pour tenter de compenser une production affaiblie. Elles ont augmenté de 58 % en provenance de la Nouvelle-Zélande et de 60 % d’Australie. Elles ont néanmoins régressé de 29 % d’Irlande.

Face à la nette baisse de la production, et malgré des importations dynamiques, les exportations britanniques de viande ovine ont reculé de 6 % sur l’année 2024 par rapport à 2023, soit 80.400 téc.

La baisse la plus forte est enregistrée vers la république d’Irlande avec une diminution de 79 % comparé 2023, soit moins de 3.700 téc. Le nord de ce pays a, en effet, vendu davantage vers le reste du Royaume-Uni vu le bas niveau d’offre sur l’île britannique cette année. Les exportations du Royaume-Uni se tenaient ainsi 7 % sous leur niveau d’avant Brexit et pandémie de Covid-19, bref entre 2015 et 2019.

Irlande : le cours irlandais fluctue et reste élevé

En Irlande, à présent, en semaine 6, la cotation du Hoggets atteignait 9,10 €/kg, en hausse de 2,10 €/kg comparé à la même période l’année passée. Après avoir augmenté de 2 % entre 2022 et 2023, la production irlandaise de viande ovine a perdu 10 % par rapport à 2023 en 2024, totalisant 63.000 t.

Les effectifs d’agneaux abattus ont baissé de 9 % en volume comme en têtes. Ceux des réformes de 15 % en têtes contre 13 % en volumes, illustrant une légère hausse de leur poids moyen, de 0,5 kg carcasse.

Comme au Royaume-Uni, la baisse du cheptel reproducteur irlandais, à savoir une diminution de 2,5 % entre fin 2022 et 2023, explique ce repli.

L’année dernière, leurs exportations de viande ovine ont baissé de 12 % à 50.000 téc, avec notamment un recul de 9 % vers la France et de 14 % vers le Royaume-Uni.

Associée à la diminution de la production nationale, la concurrence de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande sur le marché européen participe à cette réduction des envois.

Répondre à une demande marocaine qui a doublé en Espagne

À l’image de la tendance fin 2024, le cours espagnol des entrées aux abattoirs a débuté 2025 à des niveaux soutenus : il était enregistré à 9,48 €/kg en semaine 6, soit une hausse 0,02€/kg d’un mois sur l’autre et 1,42 €/kg au-dessus de 2024.

Après une chute de 11 % entre 2022 et 2023, la production de viande ovine a continué de reculer en 2024, affichant une baisse de 8 % sur les 11 premiers mois par rapport à l’année précédente, soit 87.000 téc.

Par ailleurs, le nombre d’agneaux abattus diminuait de 5 % : moins 4 % en volume, avec un poids moyen de carcasse en hausse de 0,1 kg. Celui des réformes de 25 % : une baisse de 19 % en volumes, soit une hausse de poids de carcasse moyen de 1,7 kg. Le tout avec une probable volonté de recapitaliser après trois années de sécheresse.

Tirés par une demande marocaine qui a plus que doublé d’une année sur l’autre, les envois d’agneaux vivants ont augmenté de 2 % par rapport à 2023. Parallèlement, les envois de réformes ont bondi de 30 %, là aussi suite à la nette hausse des exportations à destination de ce marché du Moyen-Orient.

Sur la même période, les ventes à l’étranger de viande ovine espagnole étaient stables l’année passée avec à 43.000 téc.

Notons que la baisse de consommation de viande d’agneau dans ce pays aurait permis ce maintien alors même que la production était en chute.

En outre, on observe un arrêt des envois vers Oman (moins 1.120 téc) et une forte diminution vers les Émirats Arabe Unis (soit 840 téc), Israël (une baisse de 450 téc) et le Qatar (moins 1.030 téc).

Ces reculs ont été partiellement contrebalancés par les hausses vers la France (une augmentation de 450 téc), la Grèce (plus 520 téc) mais aussi et surtout la réouverture du marché algérien qui représente 5. 020 téc.

Nouvelle-Zélande : une légère baisse l’année dernière

Après avoir augmenté de 6 % comparé à 2023 sur les cinq premiers mois de 2024, la production ovine abattue en Nouvelle-Zélande a chuté de juin à novembre. Elle s’est ensuite redressée en décembre, ramenant le cumul sur l’année à 432.000 t, soit une baisse de 2 % par rapport à 2023.

Sur cette période, le nombre d’agneaux abattus s’est apprécié de 1 %, à 18 millions de têtes, tandis que celui des réformes a reculé de 8 %, à 3 millions de têtes.

Les éleveurs tentent de reconstituer leurs cheptels après de nouveaux épisodes de sécheresse. Selon les prévisions du secteur, le cheptel ovin néozélandais devrait toutefois de nouveau reculer au printemps 2025, de 5 % comparé à 2024.

Tendances lait et viande

Une publication de l’Idele, disponible ici: https://tendances-lait-viande.fr/category/viande-ovine/?numero=369#3-2-0...

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