La commission visite une ferme laitière innovante en Flandre
Les commissaires européens Jessika Roswall (Environnement) et Christophe Hansen (Agriculture) ont visité, le 4 mars, la ferme laitière Koeweidehof dans le cadre de la stratégie européenne pour la bio-économie, que la commission prévoit de lancer dans le courant de l’année.

La ferme Koeweidehof fonctionne entièrement à l’énergie verte grâce à une combinaison de biogaz – produit via unité de microméthanisation transformant le fumier des vaches en électricité – et de panneaux solaires installés sur les toits des étables et des hangars. L’excédent d’électricité est directement redistribué à plusieurs foyers voisins.
L’exploitation laitière de Bart Vanderstraeten et Marijke D’Hertefelt à Merchtem se distingue également par d’autres innovations. « Un système de rails situé au-dessus des vaches répand automatiquement le digestat sec issu du unité de microméthanisation dans les logettes, où il sert de litière. Les vaches choisissent elles-mêmes quand aller au robot de traite, et des robots d’alimentation veillent à ce qu’elles aient toujours suffisamment de nourriture. En nous concentrant sur le bien-être de nos animaux, nous avons augmenté notre production de lait », explique Bart.
Bioéconomie et vision européenne
Simplification des procédures
Cependant, certains obstacles subsistent. Les agriculteurs rencontrent souvent des difficultés pour obtenir des autorisations d’utilisation de technologies innovantes, comme les unité de microméthanisation. D’après les commissaires européens, le problème réside en partie dans la transposition des politiques européennes dans les législations nationale et régionale. « Nous allons examiner ce processus avec les ministres des États membres », annoncent-ils.
En outre, les exigences imposées aux agriculteurs dans les domaines de l’environnement et de l’agriculture se chevauchent souvent et peuvent même être contradictoires, rendant la situation difficilement gérable pour eux. La commission européenne s’engage à proposer un ensemble de mesures de simplification d’ici la fin de l’année pour remédier à ces problèmes.
Le défi du Renure
Bart envisage d’investir dans un dispositif de capture de l’azote. Associé au unité de microméthanisation, ce système permettrait de transformer le digestat en un substitut aux engrais chimiques. « Mais je me heurte encore à la réglementation européenne sur le Renure (Recovered Nitrogen from Manures, soit les engrais obtenus à partir des effluents d’élevage)», explique-t-il.
En l’absence de cadre législatif européen, il ne peut pas utiliser ce fertilisant animal comme alternative aux engrais chimiques. Christophe Hansen reconnaît la nécessité de mieux valoriser les engrais organiques, surtout dans le contexte des sanctions européennes sur les importations d’engrais russes. « Cependant, cela ne suffira pas à combler le déficit. Nous devons augmenter notre propre production d’engrais, qu’ils soient d’origine animale ou chimique, et explorer d’autres sources d’importation. »
Vers une politique plus intégrée
À la fin de la visite, Bart a invité les deux commissaires européens à revenir dans deux ans pour constater l’impact des politiques mises en place. « Espérons que cette Vision se traduira en actions concrètes et qu’ils n’auront pas à revenir avec honte », lance-t-il. Il se montre optimiste et considère leur venue comme un signal positif. « L’agriculture et l’environnement sont indissociables lorsqu’il s’agit d’élaborer des politiques, même si certains ont tenté de les séparer par le passé. En venant ensemble, MM. Roswall et Hansen montrent leur engagement commun. »
Ce message a été clairement exprimé au cours de la visite. « Nous devons sortir de nos silos », déclare M. Hansen. « Ensemble, nous prendrons les mesures nécessaires pour bâtir un secteur agricole européen durable, tant sur le plan économique que social et environnemental. »
Madame Roswall partage cette vision : « Les agriculteurs font partie de la solution. Je souhaite donc collaborer avec eux pour trouver des solutions. »
Leur visite a été un succès. « C’est bien mieux qu’une journée enfermée dans mon bureau ! », a plaisanté Jessika Roswall.