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La commission visite une ferme laitière innovante en Flandre

Les commissaires européens Jessika Roswall (Environnement) et Christophe Hansen (Agriculture) ont visité, le 4 mars, la ferme laitière Koeweidehof dans le cadre de la stratégie européenne pour la bio-économie, que la commission prévoit de lancer dans le courant de l’année.

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La ferme Koeweidehof fonctionne entièrement à l’énergie verte grâce à une combinaison de biogaz – produit via unité de microméthanisation transformant le fumier des vaches en électricité – et de panneaux solaires installés sur les toits des étables et des hangars. L’excédent d’électricité est directement redistribué à plusieurs foyers voisins.

L’exploitation laitière de Bart Vanderstraeten et Marijke D’Hertefelt à Merchtem se distingue également par d’autres innovations. « Un système de rails situé au-dessus des vaches répand automatiquement le digestat sec issu du unité de microméthanisation dans les logettes, où il sert de litière. Les vaches choisissent elles-mêmes quand aller au robot de traite, et des robots d’alimentation veillent à ce qu’elles aient toujours suffisamment de nourriture. En nous concentrant sur le bien-être de nos animaux, nous avons augmenté notre production de lait », explique Bart.

Bioéconomie et vision européenne

Cette approche 100 % verte de Koeweidehof s’inscrit dans la Vision pour l’agriculture et l’alimentation de la Commission européenne, présentée le 19 février. Plus tard dans l’année, cette vision sera complétée par une nouvelle stratégie européenne pour la bioéconomie, axée sur l’utilisation durable de la biomasse et la promotion de l’économie circulaire afin d’améliorer la compétitivité de l’UE. « L’Union européenne est à la traîne dans plusieurs secteurs industriels, mais la bioéconomie offre encore de nombreuses opportunités », affirme Jessika Roswall, commissaire européenne à l’Environnement, à la Gestion de l’eau et à l’Économie circulaire compétitive.

Le développement de la bioéconomie pourrait aussi ouvrir des perspectives aux agriculteurs. « De nombreux agriculteurs ne parviennent malheureusement pas à vivre de la seule production alimentaire », souligne Christophe Hansen, commissaire européen à l’Agriculture et à l’Alimentation. « La bioéconomie peut leur offrir une source de revenus supplémentaire. » Il cite l’exemple de Koeweidehof, qui produit de l’énergie à partir de ses propres déchets agricoles.

Les investissements dans la bioéconomie doivent contribuer à revitaliser les zones rurales en créant des emplois de qualité et en incitant les jeunes à se tourner vers l’agriculture. « En favorisant l’innovation, nous devons encourager les jeunes à envisager une carrière dans le secteur agroalimentaire », ajoute le commissaire Hansen.

Simplification des procédures

Cependant, certains obstacles subsistent. Les agriculteurs rencontrent souvent des difficultés pour obtenir des autorisations d’utilisation de technologies innovantes, comme les unité de microméthanisation. D’après les commissaires européens, le problème réside en partie dans la transposition des politiques européennes dans les législations nationale et régionale. « Nous allons examiner ce processus avec les ministres des États membres », annoncent-ils.

En outre, les exigences imposées aux agriculteurs dans les domaines de l’environnement et de l’agriculture se chevauchent souvent et peuvent même être contradictoires, rendant la situation difficilement gérable pour eux. La commission européenne s’engage à proposer un ensemble de mesures de simplification d’ici la fin de l’année pour remédier à ces problèmes.

Le défi du Renure

Bart envisage d’investir dans un dispositif de capture de l’azote. Associé au unité de microméthanisation, ce système permettrait de transformer le digestat en un substitut aux engrais chimiques. « Mais je me heurte encore à la réglementation européenne sur le Renure (Recovered Nitrogen from Manures, soit les engrais obtenus à partir des effluents d’élevage)», explique-t-il.

En l’absence de cadre législatif européen, il ne peut pas utiliser ce fertilisant animal comme alternative aux engrais chimiques. Christophe Hansen reconnaît la nécessité de mieux valoriser les engrais organiques, surtout dans le contexte des sanctions européennes sur les importations d’engrais russes. « Cependant, cela ne suffira pas à combler le déficit. Nous devons augmenter notre propre production d’engrais, qu’ils soient d’origine animale ou chimique, et explorer d’autres sources d’importation. »

Vers une politique plus intégrée

À la fin de la visite, Bart a invité les deux commissaires européens à revenir dans deux ans pour constater l’impact des politiques mises en place. « Espérons que cette Vision se traduira en actions concrètes et qu’ils n’auront pas à revenir avec honte », lance-t-il. Il se montre optimiste et considère leur venue comme un signal positif. « L’agriculture et l’environnement sont indissociables lorsqu’il s’agit d’élaborer des politiques, même si certains ont tenté de les séparer par le passé. En venant ensemble, MM. Roswall et Hansen montrent leur engagement commun. »

Ce message a été clairement exprimé au cours de la visite. « Nous devons sortir de nos silos », déclare M. Hansen. « Ensemble, nous prendrons les mesures nécessaires pour bâtir un secteur agricole européen durable, tant sur le plan économique que social et environnemental. »

Madame Roswall partage cette vision : « Les agriculteurs font partie de la solution. Je souhaite donc collaborer avec eux pour trouver des solutions. »

Leur visite a été un succès. « C’est bien mieux qu’une journée enfermée dans mon bureau ! », a plaisanté Jessika Roswall.

D’après Thor Deyaert

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