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Des signes cliniques chez les porcs européens
La PPA est endémique en Afrique sub-saharienne, à Madagascar et en Sardaigne. Des foyers sporadiques ont été détectés dans d’autres régions, mais leur éradication fut rapide.
Introduit en Géorgie en 2007 chez des sangliers sauvages, le virus s’est depuis lors énormément propagé à l’intérieur de l’ancienne Union soviétique, entraînant les récents foyers au sein de l’UE.
Transmise par contacts directs et indirects !
Ce dernier se transmet principalement via contacts directs et indirects avec des animaux infectés. En cas de contact direct, la transmission a surtout lieu de groin à groin. La transmission par l’air n’est possible qu’à très courte distance, son importance est donc secondaire.
Étant donné qu’on retrouve le virus dans tous les tissus et fluides corporels des porcs, tous les produits, matériaux et surfaces qui ont été contaminées par des individus malades (surtout du sang, et aussi d’autres sécrétions et excrétions…) constituent une source d’infection (les logettes, les vêtements, les véhicules…). Une transmission due au matériel médical n’est pas non plus à exclure.
Dans le cycle sylvatique prédominant en Afrique subsaharienne, le virus est transmis via des tiques du genre Ornithodoros qui sont des vecteurs compétents dans lesquels le virus peut survivre pendant des années. Le virus peut aussi se transmettre mécaniquement via des insectes piqueurs comme la mouche d’étable (Stomoxys calcitrans ).
Notons que le comité scientifique de l’Afsca juge ses deux voies négligeables. En effet, bien qu’observées dans la péninsule ibérique, les tiques concernées ne sont pas présentes en Belgique. Et pour la mouche d’étable, ce vecteur ne peut jouer un rôle qu’en cas de présence d’un foyer, et encore, uniquement au niveau local.$µ
Ce qui fait la force de la souche ? Sa résistance dans l’environnement. Elle peut survivre jusqu’à 18 mois dans du sérum et du sang à température ambiante, 150 jours dans de la viande désossée conservée à 4ºC, 140 jours dans du jambon séché et plusieurs années dans des carcasses congelées. Le virus résiste au salage.
En 1985, la maladie avait pu être introduite en Belgique via la distribution à des porcs domestiques de déchets de cuisine contenant de la viande de porc contaminée. Les viandes non traitées doivent être chauffées durant 30 minutes à au moins 70ºC pour inactiver le virus ; 30 minutes à 60ºC suffisent pour le sérum et les fluides biologiques.
La peste porcine est avant tout une maladie hémorragique. L’incubation dure de 3 à 15 jours, jusqu’à plusieurs semaines pour les souches les moins virulentes.
La gravité des lésions et les symptômes diffèrent bien entendu en fonction de la virulence de la souche concernée :
– forme hyper-aiguë : morts subites ;
– forme aiguë : fièvre (40,5-42ºC), lésions hémorragiques dans divers organes et tissus, les animaux sont raides et se lèvent difficilement, peau rouge autour des oreilles, sur l’abdomen et les membres, anorexie, cyanose, manque de coordination, détresse respiratoire, vomissements, diarrhée, décès après 6 à 13 jours, avortement, porcelets faibles avec ataxie. Les animaux qui survivent restent porteurs toute leur vie. La mortalité est d’à peu près 100 % chez les porcs domestiques ;
– forme subaiguë : symptômes moins intenses, fièvre modérée, perte d’appétit, démarche chancelante et troubles de la coordination des mouvements, avortement, décès après 15-45 jours. La mortalité se situe entre 30 et 70 % ;
– forme chronique : symptômes divers, perte de poids, fièvre intermittente, symptômes respiratoires, ulcères cutanés, claudication, arthrite, évolution clinique sur 2 à 15 mois, faible mortalité.