La baisse de la demande doit être suivie temporairement d’une réduction de l’offre afin de remédier au dangereux déséquilibre du marché », insiste le président de l’EMB, Erwin Schöpges. Et Sieta van Keimpema, vice-présidente de la structure, d’enchaîner : « Des prix en chute libre, du lait déversé… Si nous ne luttons pas contre cette tendance au moyen d’une réduction volontaire et coordonnée de la production, le crash sera brutal dans toute l’Europe ».
C’est pourquoi les producteurs de lait demandent au commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, d’activer un programme de réduction volontaire de la production, comme cela a déjà été fait avec efficacité par le passé.
Réduction coordonnée
et production plafonnéeLes éleveurs laitiers souhaitent pouvoir réduire la production de lait de manière coordonnée par le biais de l’Union européenne. Pour cela, il faut que la Commission européenne active pour quelques mois un programme de réduction des volumes.
Les producteurs qui réduiraient leur production par rapport à la même période de l’année précédente se verraient verser un bonus par kilogramme de lait non produit. On garantit ainsi qu’ils puissent supporter financièrement la baisse de leur production. « Pendant la phase de réduction temporaire, les autres producteurs ne doivent pas pouvoir augmenter leur production ; celle-ci doit donc être plafonnée. Sinon, cela irait à l’encontre des réductions consenties par leurs collègues », précise l’EMB.
Cette mesure permettrait de réduire considérablement la pression qui s’exerce actuellement sur les producteurs de lait, mais aussi sur l’industrie de transformation.
Éviter le stockage privé
et l’interventionDans la situation actuelle, l’EMB juge que ce serait une erreur de miser sur le stockage privé ou sur l’intervention (c’est-à-dire le stockage ou le rachat par l’État de beurre ou de lait en poudre). « En effet, ces produits stockés, pour lesquels il n’y a pas de demande, ne soulagent pas le marché et ne font, au contraire, qu’intensifier la pression à laquelle il est soumis. Ce qu’il faut, c’est éviter de produire ces volumes excédentaires et c’est à cela que sert une réduction volontaire de la production. »
Si un tel instrument de gestion des crises n’est pas activé rapidement, le syndicat estime qu’une réduction obligatoire de la production sera très bientôt nécessaire dans toute l’UE. Tous les producteurs de lait devraient alors réduire leur production de quelques pourcents.
« À l’échelle de l’UE, nous avons la possibilité de réagir de manière véritablement conjointe, coordonnée et constructive face à cette situation. Cette crise du lait, qui approche à grands pas, est un aléa que nous sommes capables de surmonter au niveau européen. Nous, les producteurs, y sommes prêts et nous demandons à la Commission européenne de prendre cette responsabilité avec nous », conclut Erwin Schöpges.