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Une production de viande en progression pour 2024

Les abattoirs ont réalisé une production de viande plus importante au cours des dix premiers mois de 2024 par rapport à la même période en 2023, selon l’office belge de statistique, Statbel. L’important recul des volumes de porcs, bovins et poulets de chair transformés, observé il y a un an, a laissé place à une légère augmentation. Après cinq ans de turbulences et d’incertitudes mondiales dues à la crise sanitaire et à la peste porcine africaine qui sévit dans l’Union européenne, il semble qu’une certaine stabilité pourrait enfin émerger.

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Pour les abattoirs belges spécialisés dans les porcs, les résultats obtenus jusqu’à présent pour l’année passée sont respectables, compte tenu du recul de la production dans des pays comme les Pays-Bas et le Danemark. Selon les données sur les abattages de porcs de boucherie néerlandais, leur production est environ 2 % inférieure à celle de 2023. En revanche, les abattoirs belges ont enregistré une hausse de 0,4 % dans la catégorie des animaux pesant entre 25 et 130 kg, soit les porcs de boucherie « standards », selon les chiffres de Statbel. Cela contraste fortement avec le recul d’environ 11 % du volume d’abattage de porcs en Belgique sur l’ensemble de l’année 2023 par rapport à 2022.

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La production de viande a connu une augmentation un peu plus marquée, soit 1,3 %. Cette croissance repose sur un poids moyen d’abattage plus élevé, qui s’élevait à 99,4 kg jusqu’en octobre 2024, soit près d’un kilo de plus que la moyenne annuelle de 2023. Cette évolution s’inscrit dans une tendance observée depuis 2015, à l’exception de l’année 2022, où de nombreux porcs ont dû être abattus de manière anticipée en raison de la crise dans le secteur. Depuis 2015, le poids moyen d’abattage en Belgique a ainsi augmenté de plus de 5 kg.

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Les éleveurs de truies en difficulté

L’Allemagne joue un rôle clé dans le secteur porcin européen. Cependant, la situation des éleveurs y est difficile. En raison des problèmes persistants liés à la peste porcine africaine, on observe une forte diminution du nombre de fermes et ces agriculteurs font face à une grande incertitude quant à leur avenir.

Selon l’ISN (groupement des éleveurs de porcs allemands), au cours de l’année écoulée (date de référence : 3 novembre), 600 des 15.600 exploitations porcines de ce pays ont disparu, soit une baisse de 3,4 %. Rappelons que l’Allemagne est actuellement le principal marché d’exportation pour la viande de porc danoise ainsi que pour les porcelets danois et néerlandais. Chez ces voisins, les entreprises spécialisées dans la production de porcelets sont particulièrement touchées. Il ne reste désormais que 5.000 exploitations avec des truies reproductrices, soit 200 de moins qu’il y a un an (une baisse de 4,6 %). Cette catégorie est confrontée, non seulement, aux effets du ralentissement économique et aux coûts élevés de l’alimentation animale, mais aussi à des exigences accrues en matière de bien-être animal. L’ISN note toutefois que le cheptel porcin se stabilise, ce qui suggère une concentration et une augmentation de la taille des exploitations au sein du secteur.

En Belgique, une tendance similaire se dessine chez les producteurs de porcelets, si l’on se fie au nombre d’abattages de porcs dans la catégorie de poids supérieur à 130 kilos. Une part importante de ceux-ci concerne des truies réformées. En 2021, les prix des porcelets dans notre pays avaient atteint un niveau désastreux, ce qui avait entraîné de nombreux abattages de femelles. L’offre a donc fortement diminué en 2022 et 2023, d’abord de 20 %, puis de 30 %. Cependant, au cours des dix premiers mois de 2024, une année financièrement moins favorable que 2023 (d’après l’évolution récente des prix des porcs charcutiers et des porcelets en Belgique), le nombre d’abattages dans cette catégorie a de nouveau augmenté, affichant une hausse de 7,4 %.

Une hausse relative pour les taureaux…

Depuis des années, plus de 93 % des abattages de porcs ont lieu en Flandre. La Wallonie, par contre, a une large prédominance dans l’abattage de taureaux. Entre 2014 et 2023, la part de ceux-ci au sud du pays est passée de 55 à 73 %. Cependant, le volume total d’abattages dans ce segment a diminué d’environ un cinquième depuis 2015. En 2024, une nouvelle baisse a été observée, bien que modeste, avec une diminution de 0,6 %.

01- porcs - fig 4

Toutefois, le rendement en kilos a quelque peu augmenté, de 0,1 %. Bien que ce ne soit pas beaucoup, il s’agit de la première hausse depuis 2015. Cette évolution s’explique par l’augmentation constante du poids moyen à l’abattage. Au cours des dix premiers mois de 2024, il s’est élevé à 485 kg, soit près de 10 kg de plus qu’en 2015.

Notons que les conditions pour élever du bétail à viande restent difficiles. L’année 2023 a été particulièrement éprouvante en raison des coûts de l’alimentation. Des matières premières essentielles, comme le soja, crucial pour le bétail à viande, ainsi que les céréales, ont atteint des prix très élevés. Ces derniers ont toutefois légèrement diminué depuis. Cependant, les entreprises du secteur de l’hôtellerie et de la restauration, qui représentent un débouché majeur pour cette viande, continuent de subir les conséquences prolongées de la crise du Covid-19. Il reste donc à voir si la diminution de l’abattage des taureaux de boucherie est durablement enrayée…

Les veaux et les vaches en augmentation

L’abattage de veaux a, lui, poursuivi sa tendance à la hausse. Au cours des dix premiers mois de l’année passée, environ 290.000 bêtes ont été abattues, soit une augmentation de 10,7 %. Cette croissance peut être interprétée comme une reprise après le choc qu’a subi le secteur en 2020 en raison de la crise du Covid-19. Les années suivantes, l’offre de veaux a progressivement augmenté d’année en année.

On observe également une hausse du poids moyen à l’abattage, ce qui a entraîné une croissance de la production de viande dans ce segment supérieure au nombre d’animaux abattus. Par rapport aux dix premiers mois de 2023, la production a ainsi augmenté de 11,9 %. Toutefois, cette hausse n’est pas aussi constante que pour les porcs et les taureaux de boucherie.

Pour les vaches, le poids moyen d’abattage a légèrement diminué en 2024, tout comme l’année précédente, avec une baisse d’environ un kilo. En revanche, le nombre d’abattages a, lui, augmenté de 4,2 %.

01- porcs - fig 5 - vaches (2)

Les éleveurs laitiers ont traversé plusieurs années difficiles, marquées par les aléas climatiques et des coûts élevés pour l’alimentation animale. Cette situation a conduit à un niveau d’abattage plus important qu’au cours des deux années précédentes.

Des poulets de chair plus lourds

L’abattage de volailles belges concerne principalement les poulets de chair. Pendant des années, ce volume de production est resté très stable, tant en termes du nombre d’animaux abattus que du poids moyen à l’abattage. S’ils ont été stables en 2022, cette tendance a été perturbée l’année suivante. En effet, en 2023, ces poids sont restés inférieurs à ce niveau au cours du premier semestre, avant de revenir habituels et d’atteindre en novembre une moyenne de 1,74 kg, soit plus de 200 g de plus qu’en 2022. En 2024, le poids à l’abattage est resté à peu près à ce niveau.

Le nombre d’abattages de poulets de chair a augmenté de 4 % au cours des dix premiers mois de 2024 par rapport à 2023, mais la production de viande a progressé de 31 %.

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